Wine Bar
"Le Cheval Blanc"

2.5

Le patron-vigneron serait une figure locale!

En tout cas il a de la bouteille à plus d’un titre! 350 références proposées au chaland! De 20€ à 1500€ pour un St-Emilion Cheval-Blanc 1996 en magnum! Large proposition qui est démonstration avérée de non-sectarisme pour un vigneron! Point de vue photo, la boutique existait avant 2006 par ailleurs. Elle pose depuis son baluchon à l’ancien « Cheval Blanc » situé devant les Arènes. Un lieu fréquenté en son temps par Cocteau, Piaf, Hemingway et d’autres. La brasserie de luxe au fond de jeu artistique plaisant met en avant dessins, peintures et litho. Citations bachiques aux quatre coins du lieu, aussi. Comme pour le moins souriant culte de la tauromachie, inévitable dans la ville pour faire des affaires. D’évidence, l’aimable patron Michel Hermet a beaucoup « d’amis ». C’est important les « amis », surtout s’ils aiment la tauromachie. Vaut mieux, sinon déménage en Bretagne coco. Enfin bon.

Dégagé des contraintes d’un service assumé par un personnel sérieux, le monsieur fait le tour de la salle comme un tour d’honneur, un peu à l’ancienne, un petit mot, un simple regard, un geste amical: il a compris bien des choses sur la nature humaine. Bref! On mange quoi? Du taureau maintenant qu’il ne souffre plus? Avec Mauricette, on pourrait. Mais non. Malgré l’existence d’un menu à 20€ (nos deux voisines se sont régalées!), on a voulu manger ce qu’on ne mange pas ou peu ailleurs. A la carte des entrées dès 7€ (moules gratinées), 3 lignes de « poisson » dont on sent bien l’exercice forcé, gambas, brandade… et aussi une carte de viandes qui cherche la qualité avec notamment mon « pied de cochon grillé Noir de Bigorre ». Un seul mais considérable! Et c’est pas du lapin! Déception. Il sent un peu fort mais c’est peut-être la bête à laquelle je ne suis pas habitué. Par contre, je suis un habitué des cuissons. Et là, c’est sérieusement bâclé. Pied coupé en deux et vaguement tartiné de moutarde, tout juste marqué au grill, tellement gélatineux et pâle qu’on dirait une tête de veau, que par ailleurs la maison propose. C’est vous dire le flasque. Une montagne de frites fraiches maitrisées. 11€ et 9/20.

La dame au chapeau vert carnassière et pas depuis aujourd’hui vise « bavette race Aubrac de Mickael Gellion boucher aux Halles » annoncée à 200 grammes. Une seconde montagne de frites. Pas d’autres possibilités, pas d’autres propositions de garniture. Ça gonfle. Viande de qualité mais le grammage obsessionnel n’a pas sa place à la prétendue table d’Épicure. Ou alors, faire comme vu parfois ailleurs: proposer le morceau de viande au poids, 200, 300 et 400 grammes. Mais là, ça fait court. Bref! 13/20 pour 18€. Vu un chariot de fromages que Mauricette a spontanément applaudi! En option à 7,5€ seulement! Tarifs peu élevés pour un établissement de ce standing, m’enfin on n’est pas à Cannes non plus (tant mieux). Service impec’ masculin/féminin, complice et impliqué. Banquettes et tables vintage en palissandre vernies. Au bilan, une frustration: sinon pour les intitulés du menu à 28€, quel intérêt d’avoir un chef et un second de cuisine pour faire des viandes au grill et des frites?