Le Café du Commerce

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Cette place Saint-Louis est incroyable, en particulier en pleine saison estivale.

Je suis incapable de vous dire le nombre de restaurants (ou assimilés) qui s’y frottent les coudes et le parasol. Considérable. Certains racolent même le touriste en tongs et casquette qui s’y promène la lassitude sueuse. Bref! Quand on cherche un restaurant, faut bien viser sous peine de se polluer la chaudière! Enfin bon! Bien conseillé par notre hébergeur, avec Mauricette on est tombés sur « Le Café du Commerce ». Qui ne racole pas. On y mange bien, mais c’est vieillot comme on n’en fait plus, contrairement à ses voisins directs qui se foutent du monde mais qui soignent les apparences, on a bien vu puisque on a mangé en terrasse! Donc gaffe: ni avant, ni après! Bref! Quelques générations à l’œuvre depuis 1973 dans des vieux murs pas neufs.

Mais nous, on s’en tape un peu tant que c’est propre. Ici, la clientèle cherche une forme de classicisme culinaire ancré dans la tradition avec un axe majeur: la marée, en particulier avec un ban de coquillages bien achalandé. Les plateaux défilent jusqu’aux tables des clients sous nos yeux! Homard du vivier poêlé (dès 35€), bouillabaisse pour 2 (72€), aïoli maison (29€), un tas d’entrées à moins de 10 balles, des salades, quelques pâtes, quelques viandes dès 14,5€ pour jouer le jeu du carnassier déprimé à la lecture de la bourride de lotte, poêlée de St-Jacques, rougets en friture, daurade grillée, seiche au grill sauce persillade, sole meunière et… « turbot grillé pour deux personnes ». Le poisson entier arrive dans son plat, le serveur découpe l’oiseau et dresse nos assiettes préalablement amenées avec un risotto safrané et une tomate confite.

La chair est un peu trop cuite, mais le plaisir est réel. Pour couronner ce plat qui respire le classique, on nous amène en bonus non annoncé au cahier des charges: une sauce hollandaise dans son saucier en inox, comme dans les années 60. Avec les serviettes en tissus de coton bleu marine et le service impliqué et organisé, au milieu de cette faune agitée d’estivants excités, nous avions la chance d’être dans un vrai restaurant. Bref! 15/20 pour notre plat commun! Sur 6 saisonniers, 3 étaient déjà ici l’an passé, ce qui signe une direction sérieuse. Une carte du midi pour les pressés avec des formules économiques, mais aussi des menus avec trop de suppléments… et une horreur intégrale! Ce spécialiste du poisson propose 4 plats dans le menu enfant: tagliatelles au beurre, steak hâché, saucisses de Strasbourg et… poisson pané Croustibat! De la maison Findus surgelés! Franchement, ça la fout mal non?