La Table Du Moulin

- Table testée par Le Bouche à Oreille - 2020 4/5★ ΨΨΨ
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LA TABLE DU MOULIN restaurant à LORGUES - Le Bouche à OreilleLA TABLE DU MOULIN restaurant Lorgues – Ouvrez grand vos oreilles de blasés: les recettes d’ici chantent une cuisine des années 60/70 que les obnubilés de la Terraillon et de la serviette de plage fuient, tant mieux, ça nous en fera plus. N’allez pas chercher chez Franck George une gastronomie modeuse qu’on boulotte à la pince à épiler mais plutôt le contraire. Lorrain de naissance et second au Château d’Adoménil (54) à 20 ans. Avant la trentaine: plus de 6 ans aux Etats-Unis et un peu les Antilles. Retour au Luxembourg, au boulot à Clervaux. Et enfin le soleil dans la gestion de golfs sur la Côte d’Azur (06) où il mettait la profiterole dans le trou normand. Au présent sa carte fait court dans le cultivé: 4 entrées et 4 plats qui ont la bougeotte! Galantine de pintade sauce moutarde ancienne, bonbons de foie gras aux mirabelles au jus acidulé, timbale d’escargots au Champagne, rôti de lotte aux 5 baies et mousse de vitelotte, fleurs de courgettes soufflées à la mousseline de brochet, demi-queue de langouste rôtie au risotto citron et café, tourte de cuisses de grenouilles, pavé de turbot poché sauce hollandaise, épaule d’agneau en tatin aux oignons confits, onglet de veau au jus de truffe… magrets et saumons fumés maison. Bref! Du bon qui fabrique des souvenirs! Emancipé de Mauricette tombée en panne de fond de teint ce matin, je vise donc seul la formule à 30€. Mises en bouche: une St-Jacques en coquille, un bouillon de poule, une brandade! 14,5/20.

Mon entrée fait dans la lyonnaiserie fine: « l’artichaut au foie gras de la mère Brazier ». Présenté ici sous une forme contemporaine cerclée maitrisée, vinaigrette de betterave tracée au sol, vinaigrette à la truffe sur la salade de mâche au plafond. 15/20 pour un classique de la cuisine bourgeoise. Le plat ne fait pas (non plus) dans la demi-mesure: « suprême de chapon aux champignons aux chanterelles ». La volaille souvent desséchée, faut trop la mâcher. Elle est cuite ici avec délicatesse, comme du beurre, finement grassouillette, chair laiteuse. L’oiseau de bonheur est désossé, travaillé en deux cuissons, poché et four. Champignons frais et sauce font un job automnal, garnitures du moment. 15,5/20. Une cuisine classique bourgeoise bien servie, aussi décalée que le cadre qui l’abrite selon les codes des modernismes en vigueur… mais on s’en tamponne le malabar! Un ancien moulin à huile avec nappage et tout le tintouin. Et puis si vous êtes du genre suspicieux, tâter d’abord de la formule à 13€ le midi en semaine: son rapport qualité prix vous file une claque dans ce touristique village rempli de chausse-trappes! En salle, Agathe s’occupe de votre cas en douceur, y compris sur sa belle terrasse au calme l’été. Le chef? Un quinqua barbu aux yeux rieurs, passionné du métier. Une douzaine d’années qu’il cuisine à Lorgues, planqué comme le mousseron sous l’humus. Je l’avais jusqu’ici loupé, veuillez me pardonner.

REPAS DE GROUPES – TERRASSE – PARKING DEVANT LE RESTAURANT