PIERRE PSALTIS A LA TELE

ANONYME À TEMPS PARTIEL

Vous avez vu le “reportage” sur TMC début juin? Une production TF1 sur le thème pré-estival “arnaques et combines sur la Côte d’Azur”. On y remarque le poilant définitif Pierre Psaltis, chroniqueur-critique grand reporter de l’impossible du journal “La Provence” qui affiche son minois et donne son avis sur ce qu’il mange. OK: c’est son boulot… de donner son avis! Avec la même pédagogie crâneuse qu’il étale lors d’une analyse de pizza au stéthoscope dans le reportage, faudrait qu’il nous explique comment il compte garder l’anonymat auquel il prétend quand il nous sur-joue la posture “crise de déontologie”! Ça doit être bigrement compliqué pour notre chevalier blanc de la tambouille phocéenne d’être anonyme au restaurant après être passé à la téloche? Bien sûr que le “quart d’heure de célébrité” fait du bien à l’égo. Après toute la famille vous téléphone, les amis vous chambrent, et puis ça fait des souvenirs pour plus tard en songeant au bon travail qu’on pensait faire en défendant l’olive et l’origan, mais passons. Au-delà du cas particulier Psaltis, l’insupportable pour un critique gastronomique est ce tiraillement entre plaisir de voir sa bouille à la télé, et l’éventuelle conscience professionnelle qui oblige à l’anonymat vanté. Mais difficile d’en vouloir à un salarié du groupe Hersant propriétaire de “La Provence”, comme Psaltis. La conscience professionnelle est le luxe des critiques détachés des contingences économiques imposées. Notamment par les patrons de presse qui veulent “du chiffre”. Et Psaltis qui devise crânement comme quoi un bon test est un test anonyme… alors qu’il passe “non flouté” à la télé! Héhé! Nous ne sommes pas à une contradiction comique près avec notre Indiana Jones spécialiste de la pizza marseillaise!

Olivier Gros