L'OS ET L'ARÊTE du Bouche à Oreille n°38 Juin 2001

UN VENT DE FRONDE COMMENCE CONTRE LE MICHELIN

CERTAINS RESTAURATEURS REFUSENT ENFIN TOUTE DISTINCTION DANS LE GUIDE ROUGE

Ça y est, c’est arrivé ! c’était à prévoir ; à force de pousser les restaurateurs vers la faute et l’investissement à tout crin, au risque d’en reperdre le bénéfice après un incompréhensible retrait du pictogramme qui tient lieu de littérature et d’explication, le “Miche” ne fait plus l’unanimité dans la profession et mieux, certains restaurateurs comme la “Chancelière” à Tours, préfère se passer de toute référence dans la bible dite rouge, et mettre à profit la différence de frais et de luxe dans le prix. Et ce n’est qu’un début, car cette tendance va s’affirmer, se confirmer dans les années à venir. Les gens de la profession commencent à en avoir marre d’être sous la tutelle, l’oukase, la pression d’un guide qui décide de tout à leur place. Le vent de fronde est donc amorcé. L’air du temps n’est plus aux mignardises inutiles d’un luxe ostentatoire qui pèse trop sur les prix et qui prive le restaurateur de dégager quelques bénéfices indispensables à sa survie. Nous sommes entièrement d’accord pour l’originalité d’un décor, pour un maître d’hôtel stylé, pour un sommelier érudit de cépages, mais point trop n’en faut si cela doit nous priver du raisonnable en matière de prix. Certes, il nous faudra toujours quelques exceptions car elles confirment la règle et parce qu’on a besoin aussi de l’exception pour les journées exceptionnelles.

Paul Bianco