BAO : 72

SUSHIS AU SURIMI
sushi

La mode de la cuisine japonaise glisse parfois au délire. C’est pas qu’on connaisse particulièrement cette cuisine ou qu’on soit vraiment des consommateurs avisés dingos de la chose. Mais si un loulou entoqué “bien de chez nous” décidait de faire une bouillabaisse avec du maquereau ou des pieds paquets farcis à la fraise tagada, les puristes lèveraient les bras au ciel! C’est que l’autre jour à Vitrolles dans une des nombreuses usines à bouffe asiatique qui fleurissent un peu partout, j’ai vu (et pris) une boite de 9 sushis avec tout l’attirail, gingembre frais, wasabi et tutti quanti. Je ne jouerais pas l’obsessionnel de la pureté en déclarant que le saumon est rare sur les sushis au Japon, mais je pourrais. Seulement en France, le sushi au saumon est devenu un classique ancré dans les mœurs, il aura grandement contribué à la démocratisation de la chose. Car voilà: le saumon, c’est pas cher. L’économie gouverne tant en cuisine que la culture culinaire est foutue en l’air, l’art se barre. Heureusement, les margoulins de la tambouille pensent à tout! Surgira (entre autres) le surimi dans nos assiettes contentes de tout tant que ça appuie sur la pédale à folklo. Y compris sur nos sushis entourés d’un bout de chambre à air tout aussi caoutchouteux. Si vous escomptiez avaler du crabe en gobant du surimi, c’est loupé! Bon appétit!

Source http://ccmmdce.site.voila.fr/surimi.html :

Voici la composition des bâtonnets de surimi marque Fleury Michon : Chair de poisson (34 %), eau, blanc d’œuf, fécule de pomme de terre, amidon de blé, sucres, gélatine, huile de colza, sel, arôme crabe, colorant: extrait naturel de paprika, gélifiant: carraghénanes, épaississant: gomme de xanthane, exhausteur de goût: glutamate de sodium, stabilisants: sorbitol, polyphosphates.

Le surimi est fabriqué à base de filets de poisson (colin d’Alaska, brème de mer, hoky, merlan bleu ou sardine), cuits, lavés, hachés et aromatisés. La pâte ainsi obtenue est reconstituée pour lui donner toute une série de formes, de textures et de couleurs différentes. Les recettes de fabrication diffèrent d’un fabricant à l’autre. La guerre des prix bas fait là aussi des ravages en terme de qualité des produits finis.

Olivier Gros