BAO : 84

PAN SUR LE CANARD ENCHAINÉ!

Ah! Qu’on l’aime ce “Canard Enchainé”! Ce qui n’exclut pas la vigilance! C’est que nous sommes surpris de lire dans la fameuse rubrique hebdomadaire “Conflit de Canard” datée du 7 octobre 2012 la présentation avantageuse du site internet www.restaurantsquifontamanger.fr présenté comme le zorro du consommateur en proie au grand méchant loup de la tambouille toute faite de l’industrie agro-alimentaire gnagnagna. Extrait: “des gourmets en colère viennent ainsi de lancer “restaurantquifontamanger.fr”(sic). Il s’agit ni plus ni moins de constituer un annuaire des restaus où de vrais cuistots s’activent derrière les fourneaux”.

Que ce site oueb fasse son bizness avec méticulosité est une chose. En zieutant le site, on pige vite son fondateur Alain Tortosa rompu à l’exercice de la com’! Vu le nombre d’articles en l’honneur de son “travail”, il ne fait pas de doute qu’une palanquée de “journalistes” de l’hexagone aura reçu un dossier de presse. Séduits par une rhétorique bien dans l’air du temps -celle qui sauve la veuve, l’orphelin, le “frais” et le “maison”– les reporters de l’impossible à l’affût de tout ce qui cause sur le thème “restaurateurs qui sont des voleurs” mais qui ne voient pas plus loin que le bout de leur stylo y sont donc allés de leur article. Sauf qu’on pensait le Canard plus attentif à vérifier ses sources d’informations.

Evidemment que ce site est une bonne idée! Même qu’il aurait son utilité dans un monde peuplé de bisounours qui chanteraient du Chantal Goya en se tenant par la main et en buvant du thé vert! Sauf que tout tambouilleur improvisé restaurateur peut inscrire sa boutique sur le site! L’honnête comme le margoulin! Suffit de “signer” une charte gnangnan, une déclaration d’intention! Sans la moindre vérification “in situ”! Dites “je le jure” et je vous adoube mes frères! Bon: maintenant que c’est fait, je te vends mon autocollant pour mettre sur la vitrine de ta boutique! M’enfin: mille fois ça a été fait! Ya déjà une palanquée de labels autoproclamés sur le marché! A chaque fois la même histoire: un agité cherche un modèle économique pour faire monter la sauce avec le doux espoir d’en vivre. Normal! La méthode est très prisée depuis que l’ère l’informatique a mis le pied dans la porte de nos vies: rester planqué derrière un ordinateur avec une bonne idée, ou une fausse bonne idée pour gagner de l’argent facile avec les restos! Sans se déplacer si possible! On peut d’ailleurs chaudement féliciter Alain Tortosa pour la facilité avec laquelle il cumule plusieurs activités commerciales: vente de logiciels et d’utilitaires, vente d’étiquettes, audit et conseil… et surtout, il possède une société d’éditions qui commercialise ses propres ouvrages de thérapeute ayant trait aux “troubles borderline” (troubles de la personnalité et du comportement). Bien sûr que les questions liées à la cuisine et l’alimentation ne sont pas un domaine réservé aux spécialistes, puisque la question est de santé publique. Ceci dit, que dirait-on si un coiffeur se permettait de faire des consultations médicales par téléphone?

Enfin bon. Alain Tortosa fait son boulot. Faut bien gagner sa croûte. Mais qu’un journal comme le Canard Enchainé plonge tête baissée dans le marigot des sites Internet liés à la tambouille sans vérifier les méthodes de travail et les motivations cachées: le lecteur y laisse forcément des plumes!.. lui aussi!

Olivier Gros