RECETTE DE SAISON CHEZ PASSÉDAT:

LE CHOU

Dire que quelques pisse-froid proclament le nombrilisme de Gourméditerranée et surtout, celui de quelques têtes de gondoles encartées! Franchement. Faut vraiment avoir l’esprit mal placé. On se demande vraiment où “ils” vont chercher tout ça. “Ils” ne sont pas allés bien loin. Le 24 mars 2015 dans le journal “Le Monde”, Gérald Passédat s’épanche:

…Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture a été l’élément fédérateur. Il y a deux ans, j’ai créé l’association Gourméditerranée qui regroupe les cuisiniers de la région…”


Autant tirer la couverture à soi est quand même hallucinant de cynisme décomplexé. Car enfin! Pas sympa pour les copains-copines chevilles ouvrières qui ont besognés dans l’ombre pour fonder cette association: “j’ai créé l’association Gourméditerranéequ’il glose! Moi tout seul avec mes p’tits bras et l’héritage de papa! C’est pas la modestie qui l’étouffe, le gominé de Maldormé! Tout autant dans son restaurant 3 étoiles, que serait-il sans ses apprentis et chefs de partie pendant qu’il parade avec désinvolture dans les médias?

Et puis Gourméditerranée ne regroupe pas les cuisiniers de la région mais une soixantaine au moment où je vous cause si on intègre les pâtissiers, les glaciers, les chocolatiers, les traiteurs, un food-truck et les chefs qui cotisent naïvement pour avoir la paix. Ce que le marseillais taulier du Petit Nice évite soigneusement de mentionner. Bref! Une jolie armée mexicaine qui aurait bien fait se poiler le journaliste du Monde s’il avait su. Bref! Gourméditerranée regroupe donc éventuellement des cuisiniers de la région. Pas pareil. Sous-entendre que tous les chefs adhèrent à cette association de chefs au service de la promotion de quelques chefs, est formellement nier le refus de l’immense majorité d’entre eux à faire partie de la mascarade financée par des sponsors comme Brake ou Métro, et nos impôts aussi, et oui mes cocos.

DESSIN_OS_CHOU

A côtoyer la nature humaine, on sait bien que les associations de chefs, de bonne volonté à l’origine, sont rapidement instrumentalisées par des chefs leaders de droits dans une profession qui par essence, est respectueuse de la hiérarchie qu’on lui impose. Les statistiques sont terribles. Les hommes se mettent en grappe pour se regarder le nombril, ça les rassure. Escoffier n’est pourtant pas totalement incompatible avec Brassens: dès qu’on est plus de quatre on est une bande de cons” (le Pluriel).

Les cuisiniers sont nombreux à avoir pigé que leurs éventuelles adhésions serviraient à la promotion indirecte des “étoilés” du haut du panier, plus malins et moins romantiques qu’eux. Aux manants, les miettes. Par exemple, quand l’association est invitée à la foire aux pois chiches de Rougiers, on envoie un cuisinier de seconde zone adhérent, fier de sa mission. Quand les télés, les radios, les journaux sont convoqués au MUCEM ou devant la mairie du Vieux-Port, fanfaronnent sans pudeur les Michel Portos, Lionel Lévy et Gérald Passédat. Vous comprenez, faut de la discipline, à chacun sa place et le business sera bien gardé.

Bref! Dans cette interview du Monde, il semble évident que le triple étoilé marseillais confond sa propre personne et l’association dont il est le président. Et qu’il prend ses rêves pour des réalités. C’est toujours amusant à remarquer quand on a l’esprit mal placé.

Olivier Gros