BUFFETS À VOLONTÉ

LA MONNAIE DE LA PIÈCE

Je crois bien qu’apparurent les “buffets à volonté” dans les années 80. Souvent asiatiques, mais pas que. L’intérêt économique pour le taulier réside notamment dans la quantité de personnel moindre et à la TVA macdonaldesque de 5,5% qui avait cours à l’époque au lieu de 19,6% pour les “traditionnels”. La condition d’un fonctionnement de la mécanique de ces “buffets à volonté” réside non seulement dans la politique de prix dits “attractifs”, mais surtout dans le choix d’un emplacement devant nécessairement être bien placé et très fréquenté dans le passage: il faut un gros volume de clientèle! Le parking de grande surface ou le carrefour de zone commerciale étant les plus prisés, plus rares sont les boutiques du genre en plein centre-ville, mais ça arrive. Pour cette restauration dite “de masse” du “buffet à volonté”, le problème est finalement la clientèle. Souvent plus encline à chercher le remplissage à bas prix et un repas strictement alimentaire. Un sentiment de bonne affaire et de repas discount. Même si le prix des propositions est loin d’être une bonne affaire pour le client (cher pour ce que c’est) on peut bien comprendre qu’en temps de crise économique et de crispation du porte-monnaie, la recette soit un succès populaire.

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Sauf que. Après avoir attiré et éduqué une clientèle à leur méthode de restauration usinaire et trop souvent de basse qualité, cette clientèle rend la monnaie de sa pièce! Le client paye, mais n’est plus tout à fait roi. Il se sert, se ressert et repu en laisse parfois plein l’assiette! Voilà pourquoi fleurissent dans ces boutiques “à volonté” depuis un petit moment des affichettes du genre “vous payez ce qu’il reste dans l’assiette”. Ou encore “si vous ne mangez pas tout, ce que vous laissez vous sera facturé”. Evoquons pour finir la situation suivante: si la nourriture du buffet est réellement infecte, on fait quoi de son assiette immangeable? On la paye deux fois?

Olivier Gros