L'OS ET L'ARÊTE du Bouche à Oreille n°52 Nov 2004

Je t’aime, moi non plus

“Moi, je ne fais pas de restos en-dessous de trois chandeliers et demi !”. Combien de fois avons-nous entendu cette phrase au BàO ! Si ces personnes savaient le nombre de bonnes petites tables à côté desquelles elles passent ! Remarquez, ça en fait plus pour les autres ! Comme si le BàO était tombé dans le panneau d’une notation sous-entendant uniquement une hiérarchie dans la cuisine ! Aucun guide ne peut hiérarchiser ses tables ! Aucun ! Sinon, il se prend une gamelle dans sa course à la crédibilité, et amorce une inflation de médailles incontrôlable ! Tenez : même le guide rouge à un moment, le fameux Michelin songeait à ajouter une 4ème étoile à ses chouchous ! Bref ! Soyons concret : en ce qui concerne le BàO, les chandeliers ne traduisent non pas une hiérarchie, mais plus justement des catégories ! Si on prend l’exemple de Marseille, je peux vous assurer (vous savez lire ?) que beaucoup de “deux chandeliers et demi” donnent du grand plaisir ! Le poisson du “trident d’or” ou de “la Marine des Goudes” ! Le Maroc de “Tatajine” ! Les spécialités de “Les Antilles” ! Les plats canailles de “Au vin sur zinc” ! Le terroir de “la Table d’Alsace” ! Et j’en passe ! Alors ! Ne faites pas de fixations systématiques sur le nombre de chandeliers ! Lisez le texte, ça oui ! Le bonheur est souvent dans la prose !

Olivier Gros