L'OS ET L'ARÊTE du Bouche à Oreille n°66 Juin 2008

LES JOURNALISTES GASTRONOMIQUES

ATTACHÉS DE PRESSE DU MICHE

A la suite de l’adoubement de Passédat passé à 3 étoiles dans la Pravda de la tambouille millésime 2008, la clique des journalistes défrayés par leur journal subventionné ou pas s’est hâtée au “Petit Nice” à Marseille. Non pas pour se faire un avis personnel et absolu, mais pour le comparer à celui du Miche. Et aussi, pour ne pas faire ringard dans les cocktails mondains. Car oui, à l’instar des cuisiniers avides de notoriété, des journalistes fréquentent les réceptions et adorent se faire prendre en photo… avec des restaurateurs comme Psaltis à Marignane le 23 avril 08! Mais passons. Bien sûr, nombre de chefs-dévots s’agenouille devant la bible rouge. Pareil, beaucoup de chroniqueurs sous-inspirés de la plume et payés au kilomètre de fadaises alignées trouvent dans le miche un point d’appui désolant, faussement détachés et illusoirement indépendant. Parfois sans le vouloir réellement, ils sont un parfait relais de promo au bénéfice du marchand de pneu. Le pire n’est pas d’écrire des sottises, mais que le plumitif soit convaincu lui-même de la sincérité de ses sottises. Psaltis et Gantié, respectivement bavards attitrés de la Provence et de Nice Matin au rayon tambouille et Compagnie sont à ce titre fidèles à leurs réputations. Dans le genre “je vous l’avais bien dit” et “moi je les connais bien ces grands chefs” ces deux-là irradient de contentement. Sur Marseille, seul “La Marseillaise” met les pieds dans le plat, enfin un seul, faut pas pousser non plus. Le 4 mars et par la plume de Linda Be Diaf, ce quotidien sort des sentences battues quand la journaliste égratigne finement le miche: “Pour accéder aux étoiles, il faut être reconnu par ses pairs. Il faut aussi faire parler de soi, soigner son image, écrire un livre, mais sans jamais en faire trop.” Plus loin, elle confirme être “un avantage certain” d’être parrainé par les Ducasse, Robuchon, Anton, Bocuse, Blanc etc. pour bénéficier des largesses du fameux pavé rouge. Autrement dit, pour mériter d’être dans le miche, faut que le cuisinier connaissent des cuisiniers qui. Avis aux jeunes cuisiniers: avec les autres chefs point tu ne te fâcheras! Mais pour avoir des médailles lèche tu feras! Et si on causait cuisine et respect du lecteur?

Olivier Gros