ÉDITO du Bouche à Oreille n°64 Déc 2007

ÇA VA VITE QUAND ÇA VEUT RIGOLER!

C’est drôle, on ne la voyait pas arriver aussi rapidement, cette loi sur le tabac. A partir du 1er janvier 2008, exit la clope dans les bars et les restaurants. Rapide mise en place non? Etonnante même. Tout arrive. Faut dire que ça faisait un bon moment que les détracteurs de la cigarette, de la pipe et du cigare militaient pour! Le « bar-tabac » du coin a toutes les chances de voir son chiffre d’affaires partir… en fumée!

Les véritables lésés économiques de cette loi ne sont pas les fabricants de cigarettes qui trouvent de toutes façons de nouveaux débouchés pour leur camelote chez les pays pauvres. Où les « major » du tabac offrent devant les sorties d’écoles des cigarettes aux enfants afin de les accoutumer. Cynisme commercial qui ne trouve son équivalent qu’avec l’amiante. Totalement interdite en France depuis 1997, les fabricants (Eternit, Saint-Gobain) l’écouleront ensuite sans vergogne dans les « pays en voie de développement », notamment ceux d’Amérique du Sud. En toutes connaissances de cause! Bref! Non, le véritable lésé de la loi sur la consommation du tabac dans les lieux recevant du public est ailleurs. Par exemple, le restaurateur qui aura (mal) anticipé cette loi en effectuant crânement des travaux dans son établissement: un magnifique et onéreux système d’aspiration pour le confort de sa clientèle. Ça lui apprendra à prendre des initiatives judicieuses pour la santé d’autrui avant tout le monde.

Prochain numéro de mars 2008: le BàO enfonce le clou dans le Vaucluse. Nous avons déjà découvert dans ce département de bonnes tables et même de sérieux coups de cœur. Mais aussi des mauvaises et d’autres à éviter. Ainsi dans le Vaucluse comme ailleurs, l’obscur et talentueux cuisinier côtoie le margoulin sans état d’âme pour notre estomac. Quelles que soient les latitudes, les profils ne varient pas. Le BàO non plus.

Mais j’y pense, et je reviens sur le début. Si on peut faire rapidement une loi sur la clope dans les CHR et la mettre en œuvre dans la foulée, ne peut-on pas appliquer la méthode pour faire baisser la TVA dans la restauration? C’est plus compliqué que ça? Ah bon. Vous dites quoi? Que? On peut pas exporter la TVA comme la clope ou l’amiante? Et ce n’est pas forcément dans l’intérêt de toutes les parties d’accélérer le processus de baisse? Une histoire de gros sous? Ah ben tant pis alors. Parce que ça va vite quand ça veut rigoler!

Olivier Gros