Yoj

1.5

Restaurant japonais annoncé, façade noire et bois.

Ah. J’y ai cru patate crue, mais pas longtemps: l’emplacement en zone commerciale (La Valentine) et le grand parking signent l’accès à l’objectif de clientèle de masse. Dedans c’est tout joli et haut de plafond, un hall de gare repensé et faire des défauts structurels des avantages visuels. A l’entrée, étagères rigolotes entre bouteilles japonaises et jouets mangas. Vitrines à côtés de la caisse, aucune impasse visuelle, bravo l’architecte. On peut manger au comptoir ou dans la spacieuse salle. Dans les deux cas le client sera rassuré de voir s’activer des cuisiniers en tenue ordonnée, on a pensé à tout que je vous dis. On appelle ça « concept ». J’ai rien contre, sincèrement. Seulement faut une alimentation solide, qui sait des choses, alors faudrait une cuisine qui joue le jeu du culotté de la recette japonaise d’un certain niveau, comme le promet l’enseigne.

A la carte, on peut s’échapper des stricts sushis (bonne nouvelle): Yakisoba, Takoyaki, tempura divers… mais les gyosas, les fameux raviolis ne sont pas conçus ici. J’ai posé la question à la serveuse visiblement secouée, qui a elle-même posé la question à sa chef qui livide, est venu me dire que non, pas fait maison. C’est honnête autant que triste. J’ai donc boulotté péniblement mon menu « Irodorizen » au rythme d’un service visiblement hiérarchisé comme chez Toyota et un peu stressé comme chez Buffalo-Grill. Tout arrive en même temps, dessert compris. Quand on optimise, on ne le fait jamais à moitié. 22,90€ pour la soupe japonaise (miroshiru) un peu salée, la croquante salade d’algues (wakamé): 12/20. Dans un bol, les 4 beignets de légumes posés sur une plâtrée de riz (shojin tempura) sont le cœur roboratif du plateau. Tempuras très grossiers, 3 poivrons sur les 4: 9/20. Pas de miracle pour les 3 sashimi, seiche dure, thon aphone et saumon habituel un peu gras. 8/20.

Visuellement, les 7 pièces de sushi et maki tiennent la route. Gingembre blanc, pas le rose. Sushi et maki sont tristes, sans cœur, sans vie. Comme pasteurisés et sortis du frigo. Curieusement le riz des sushi est différent de celui des makis qui est moins bon! On finit les fonds de tiroir! Poisson hors-jeu (là aussi). 10/20! En évitant soigneusement la sucrerie industrielle archi-sucrée daifuku, je pensais avoir évité le pire. Erreur: « pannacotta au sésame noir », pas bonne du tout, essayez si ça vous amuse. 8/20. A noter le supplément « tout saumon » facturé 1€. La classe. Enfin bon. Bilan triste pour 22,90€. Si vous cherchez un restaurant japonais comme il en existe (trop peu) dans le département, vous vous mettez la baguette dans l’œil jusqu’au tataki. Pour un vague moment sushi à coups de bières asiatiques entre collègues afin éviter les franchises communes, ce n’est pas la pire idée.