My Little Warung

- Table testée par Le Bouche à Oreille - 2020 0.5/5★ 0
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My Little Warung restaurant à Six-Fours – Bon sang, quelle déception. Testé voilà une paire d’années, le concept est toujours le même mais le fond de jeu (l’assiette) a bien changé. L’ambition flirte désormais avec les mauvaises franchises comme Pitaya et autres sornettes asiatiques. D’évidence l’ancienne direction est partie laissant place à deux employés qui font le job qu’on leur demande.

On comprend que leur amabilité soit à marée basse, on n’attend pas qu’ils fassent une bise sur le front du client: ils ne seraient pas mieux payés. Mais faire les vitres, ils pourraient. Face à la luminosité de la mer en hiver: on ne voit que ça, les vitres sales. Elles alimentent un fantasme de propreté. Bref! Un cuisinier ou assimilé derrière, une serveuse-caissière au comptoir. Devant, une file d’attente. Surfeuse multicolore en tong avec fiston aux cheveux bouclés peroxydés, ado amorphe avec des manches de jogging plus longues que ses bras, couple de retraités pour faire comme là-bas dis, quadra parisienne à lunette maigre et pâle comme une tablette de chocolat blanc vue de profil, deux petits gros aux joues roses rigolos qui tapotent leur ifone en confiant qu’ils en ont marre des pizzas. Bref! Une cuisine aux tarifs prétendument doux, qui vous endorment le calcul avec un sex-appeal exotique pour romantique en quête de sensations world, Thaïlande, Birmanie, Laos, Vietnam, Indonésie…. Ça serait bon, je ne dirais pas non d’autant qu’on a dit oui par le passé à l’idée. Mais c’est devenu sans âme, peu nerveux de la recette, sauce prédéterminée que le cuisinier ne peut pas modifier à la demande. 8 plats disponibles de 8€ à 11€ avec des options possibles à ajouter.

Mauricette tente le porc au caramel confit rebaptisé Hanoï. Un bol avec 6 bouts de viande posés sur un lit de riz blanc un peu travaillé, du chou rouge cru froid, des feuilles de coriandre éteintes, du sésame blanc parsemée, carotte râpées pour la couleur. 4 fois moins de viande que sur la photo du catalogue. 11/20. Le mien de plat, est également servi dans un bol. Il s’appelle Uluwatu et on n’y voit pas grand-chose. On comprend vite la philosophie de grattage de matière, en particulier la protéine animale: 6 petits bouts de poulet, comme pour le truc pris par Mauricette. Sortez les violons: poulet mariné et caramélisé servi avec une sauce onctueuse à la cacahuète, noix de coco et citronnelle râpée. Option gratuite nouilles de blé aux petits oignons. Nouilles annoncées comme « poêlée » par la caissière, ce qui est faux. Les deux-tiers du bol en sont remplis. Pas bien haut, le cours de la nouille. Celui du pigeon de client, je sais pas. Sauce sirupeuse scotché à la viande, du chou rouge (moi aussi)(mais le cours du chou rouge n’est pas bien haut)(non plus), de la cacahuète comme s’il en pleuvait. 8/20 pour 11€. Bilan: une franchise avec ses travers retrouvés, des photos qui aguichent et des assiettes qui déçoivent. Les limites d’une cuisine d’assemblage effectuée sans véritable envie de faire plaisir.