L’Héritage

- Table testée par Le Bouche à Oreille - 2020 4/5★ ΨΨΨ½
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L’Héritage restaurant Le Pradet – Superbe endroit impec’ pour s’évader les neurones et prendre l’air! Voilà qui réveille le peu d’illusions pas totalement perdues sur la possibilité d’éviter l’odeur des frites et de la crème solaire, comme de la vue des tongs et des caleçons de bain. Au Pradet certes, mais côté embranchement pour le Cap Brun et La Garde. Vous êtes passés mille fois devant. On entre dans une maison un peu cocasse, c’est grand et on se sent tout de suite bien dans cette salle façon orangerie ouverte sur l’extérieur, et donc claire. Pas nombreux dans l’inventaire, de tels endroits. Et puis on y mange, aussi. Et même très bien figurez-vous, en tout cas au moment de mon test.

Début qui tape pourtant dans l’intitulé redondant. Il s’agit de l’œuf parfait ici proposé dans une crème de champignons qui régale. Sur le bord de l’assiette creuse en asymétrie calculée, un alignement de lamelles de champignons variés cuisinés aux herbes et condiments, les découpes sont au micron. J’ai sorti mon 15,5/20 un peu éberlué, méritera un 16/20 quand la direction investira dans un chauffe-assiette. Mais le cuisinier envoie du lourd dans le savoir-faire. Et puis son plat du jour, fallait tenter son plat du jour: risotto de fregola cuisiné avec du produit de saison, crème de butternut, lardons poêlés, châtaignes, sel, poivre, la cuisine quoi. Plat du jour proposé à 13€. 15/20. Le pain est très bien, présence curieuse du café Nespresso en dosette dans une maison qui propose une carte des vins axée bio et Demeter. Va comprendre Fernande.

Décoration joyeuse des tables avec serviettes en papier, col de carafe plein de calcaire, carte rédigée avec des fautes d’orthographe et donc, découverte d’un excellent chef tout juste trentenaire, Mathias Sorton! Notamment passé quelques années chez un certain Maximin, oui, le fameux. Tu m’étonnes Antigone! On aurait bien aimé vous en dire un peu plus sur cette adresse, mais la directrice n’a pas le temps, est très prise, donne des rendez-vous mais n’est pas là, ce qui ne se fait pas. Cela dit, ce cuisinier mérite qu’on le découvre. Car si vous ne le faites pas amis lecteurs, seuls les « gens qui connaissent » iront, ce qui fait que ça tournera vite en rond, comme pour un barbecue confiné entre initiés. Quant à la jeune patronne, elle devra vite apprendre qu’il convient de ne pas confondre la notion d’indépendance nécessaire à la liberté individuelle, et le danger d’un racornissement dû à l’isolement et qui finit toujours par une causerie avec son propre nombril.