Les Merveilles

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Entre Berre et Saint-Chamas, lieu considérable dans sa capacité à faire se sentir loin de tout celui qui s’y frotte. Quelques habitations rustiques, une plage avec quelques bateaux dans un petit port, pas tellement de lignes jaunes sur le goudron et on se gare comme on peut dans une discipline de bon sens qui nous change des parkings de grandes surfaces devant la Grande Bleue. D’autant qu’il s’agit d’une plage sur l’étang de Berre, elle a formidablement conservé le charme sauvage des rives discrètes, roseaux et compagnie. Bon allez. Le resto: c’est franchement mauvais. La direction doit se croire sur une plage Tropézienne pour se permettre un tel cynisme dans la prestation.

Dommage, l’idée de modeste cabanon façon guinguette au bord de l’eau pour passer un bon moment en terrasse sous les canisses s’efface vite pour laisser place à une affligeante tambouille pour touristes égarés et employés du coin en repos du guerrier. 5 salades de 14€ à 16€, carpaccio et tartare de saumon à 16€, 4 plats de 13€ (les fameux beignets de calamars à la romaine) au magret à 21€ en passant par les non-moins fameuses gambas flambées à 18€ et les côtes d’agneau à 19€. Desserts 6€. Et puis une formule à 16€. Comme entrée ce jour, un rectangle mou de sous-pizza industrielle micro-ondée. Pensée solidaire et sincère pour les enfants de toutes les mauvaises cantines et aussi, aux alités de la Timone. Je fais court sinon je m’énerve. 4/20 mais la feuille de salade est fraîche. Le plat du jour est « curry de poulet ». Une assiette creuse et transparente, comme son contenu. Curry trop salé, peu parfumé mais fort pimenté, les bouts de poulets archi-secs trop cuits trempent dans un gras huileux. Il a fallu que le Michel-Ange de la boutique balance des miettes de poivrons rouges crus pour faire joli. Seul le riz me sourit. 9/20.

Le café est bon. L’ex-bouteille de vin devenue bouteille d’eau mériterait une douche anti-calcaire. Et qu’on lui enlève correctement le plastique résiduel de la capsule sur son col. Le sol de la terrasse en faux gazon de moquette verte ne s’est pas fait chatouiller le dos par un aspirateur depuis la dernière victoire de l’OM à Paris. Le pain est sec car coupé trop tôt. Une dame arc-boutée burine son bout de tarte comme avec un marteau piqueur, la serveuse brune n’arrête pas de débiter des « ça a été » et des « de rien » en se foutant de la réponse à chaque fois, la machine à CB est crasseuse, pub parfaite pour le « sans-contact ». Bref! Supplice au pays des Merveilles.