Le Rendez-Vous

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Pour les lecteurs qui auraient les mirettes en point d’interrogation, ce village est situé juste au-dessus de Saint-Maximin.

Ecarté des grands axes, on y passe par erreur ou avec un objectif précis. Tout de même 2600 âmes! Etonnant non? Et un seul établissement où le chaland désœuvré peut casser une graine: lui. Quelques tables dans la ruelle peu passante, une formidable terrasse ombragée de maison de village qui n’est autre que le côté de la mairie. Et l’intérieur du bar-restaurant vide. Dedans c’est un peu la pagaille, y a même un ballon de foot au sol. Bref. Le serveur n’est vraiment pas aimable, insupportable dans son approche blasée probablement chronique. Me fait penser à ces barmans déprimés qui en ont assez d’écouter les piliers de comptoir. Voyez? Tu t’ennuies à venir jusqu’ici, l’autre sourit seulement quand il gagne au loto. Enfin bon. Heureusement que le sympathique taulier compense par une jovialité sincère, aime l’échange et les gens. Le serveur amène l’ardoise comme on porte sa croix. Il a même peut-être soufflé un peu, mais j’ai rien entendu.

Des entrées de 10,90€ (carpaccio de bœuf) à 16€ (salade seillonaise). Une douzaine de plats qui répondent au commun habituel: tartare, burgers, entrecôte, magret, faux-filet… de 13,50€ à 19,90€. L’heure du choix est arrivée, le serveur accoudé sur l’ardoise devant moi trépigne, souffle encore mais je n’ai toujours pas entendu. Euh… « dos de saumon siouplé! ». L’autre: « y en a plus ». Tu crois qu’il préviendrait? Amateur: si tu n’informe pas, le client choisit 9 fois sur 10 ce que tu n’as plus en rayon! Du coup je vise « brochette d’onglet » à 15,90€. 5 minutes plus tard, c’est le jeune cuisinier qui s’y colle: « m’sieur: on n’a plus d’onglet ». C’est une blague? Où est la caméra? Bref! allez hop: plat du jour, un « rôti de porc au miel et à la moutarde » pour le moins original. M’arrive une plâtrée pour bûcheron moldave, je ne m’en plains pas. Deux tranchasses épaisses et rosées de viandasse de cochonnasse marquées au grill. Pas sèches comme trop souvent mais je n’ai ni senti le miel, ni la moutarde.

Ce qui est quand même embêtant vu l’intitulé du plat. Un cerclage d’une purée ni verte ni jaune, entre huile d’olive et pomme de terre sucrée: patate douce. Des grosses chips congelées que la maison suppose plus originales que des frites congelées. Quelques feuilles de salade verte. Pour 11,50€, ya de la matière et de la volonté, mais est-ce suffisant? 11/20. Et puis là, j’ai attendu qu’on vienne me proposer un dessert, un café, qu’on m’adresse la parole. Le serveur préfère être au téléphone. Au bout d’un quart d’heure de désœuvrement intégral, je me suis levé pour aller payer. Le serveur encaisse. Même pas étonné que je ne consomme que le plat du jour, sec. Un professionnel, sans doute.