Le Pili Pili

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LE PILI PILI restaurant Fos sur Mer – Je fondais un peu d’espoir sur la boutique: elle ne déroge malheureusement pas à la règle des banalités du front de mer. C’est même très mauvais.

Devant la plage, tous les codes de la bouffe bâclée sont présents à la pelle. Une fois encore, le prétendu « fait maison » ne veut pas dire que c’est bon. La référence est instrumentalisé par une direction qui dégaine les arguments pour attirer le chaland qui utilise Tripadvisor pour aller au restaurant: « tu viens chéri? Ici c’est fait maison! ». Et bing. Les pauvres. Quoiqu’ils peuvent trouver ça bon. Bref! Dans la formule à 20€ avec « foie gras », on m’amène une rondelle de pâté industriel acre et chaud de la pire espèce, servie sur une ardoise pour faire classe. Une horreur qu’on a envie de balancer par la fenêtre, qui me fait penser aux toasts du baptême de Géraldine, la nièce de tonton Roger spécialiste des promos. Ça se passait en 1974 et le mousseux chaud sans étiquette m’avait aidé à faire passer la misère. 5/20.

Le serveur est très bien, décalé même. Il me propose les « moules marinières » dans une déviance crémée avec frites et salade verte. Ça arrive. Sans salade. Des moules crues ouvertes ou fermées, ou très cuites façon ratatinées, suivant où la louche a pioché. Une déclinaison de cuisson, 50 nuances de moules. Sauce balancée dessus, sans soin. J’ai connu des marinières moins ternes. C’est marrant comme en étudiant une assiette on sait parfaitement comment ça se passe en cuisine, si le type s’en fout ou s’il aime son boulot, s’il reste concentré ou s’il regarde sa montre, s’il aime faire plaisir aux clients ou à son banquier. Pour frites, du congelé, des tranches de patates froides avec peau, précuites depuis le baptême de Géraldine ou presque, dures comme du carton. 8/20. Frites immangeables, mon voisin confirme.

Sa viande décongelée pisse l’eau, son collègue venu dans le sud se paluche poulpe et seiche décongelés (encore) traumatisés par les violentes cuissons. Foie gras pas fini, frites pas touchées: mes assiettes reprises à peine consommées n’auront pas ému la serveuse, probablement habituée. Voilà messieurs-dames. Je suis tombé sur « le Pili-Pili » comme j’aurais pu tomber sur un autre ici, plage de Fos. Une restauration balnéaire, un restaurant bien rempli ce midi, entre copines en lunettes qui boulottent des salades, VRP qui viennent pour les mater, PDG et employé pour un repas de travail, quelques estivants de fin de saison contents de tout. Ben oui. C’est écrit fait maison alors tu penses si c’est bon. Allez hop, on dégage.