Le Frelon D’Or

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LE FRELON D’OR restaurant Fuveau – Alertés par un fidèle lecteur de son ouverture en juin 2019, avec Mauricette on s’y rendait museau guilleret. Auparavant, on jouera les curieux: espionnage industriel sur les sites internet et facebook du restaurant.

Oooh… wouaaa… De belles couleurs dans les assiettes, un propos laudatif à sa propre gloire et puis le CV: Rodrigo Augusto Silva (ou Rodrigo Lopes Da Silva) est un chef brésilien passé chez Arnaud Poëtte, Passédat, Michel Kayser… Bref! On entre à 13h, une seule cliente. La jeune serveuse est épatante, s’évertue à tirer l’ambiance un peu plombée d’une salle vide où la chanteuse Norah Jones miaule en boucle ses sérénades trop entendues: elles ne couvrent pas l’agressif ronronnement du frigo vers la porte d’entrée. Surpriiise! Pas de menus ni de carte le midi! C’est comme ça! On l’apprend sur place! On ne prévient pas le client, ni sur facebouc ni au téléphone! A quoi bon! Le payeur mangera ce qu’on lui donne! Du coup, nous voilà livrés à une suggestion à 19€ et un menu à la proposition unique à 30€ décliné en formule à 25€. Un total d’une entrée, 2 plats et un dessert.

Mon entrée arrive rapidement, « millefeuille de morue ». Dressage admirable, brandade signée, relevée aux agrumes et épices, des bricoles comme des feuilles de petits pois et des tomates-cerises coupées en 4 alignées en rang d’oignons. Une pensée, aussi. Je veux dire la fleur. 15,5/20. La suite met 26 minutes à arriver. Ils sont pourtant trois en cuisine! Mauricette avait les crocs car elle a choisi la suggestion en direct! Ah! « Gigot d’agneau, cèpes et petites pommes de terre sautées ». Viande extra, épaisse et même le gras grillé est un régal. Garniture: un radin (mais beau) demi-cèpe marqué au grill, quelques patates pas du tout sautées qui ont connu trop furtivement la poêle. Et plein de trucs cache-misère, des herbes, des machins et des trucs que l’obsessionnel d’Instagram appréciera. 14,5/20 et 19€ quand même. Mon plat? Encore du poisson! Dans un menu unique et sans choix, ça fait thon sur thon. Après la morue, « filet de rouget et petits légumes ».

L’heureuse surprise est le formidable sabayon au Champagne. Version non sucrée qui confirme l’agrume et les épices. Pour le reste, les deux filets sont impec’ de cuisson ambrée. Mais l’un d’eux est encombré d’arêtes, immangeable. Pour « petits légumes » pourtant annoncés, les mêmes patates que Mauricette et une pensée. Oui, la fleur. Distorsion flagrante entre les photos des réseaux sociaux, l’énoncé et la réalité. 12/20. Pain rustique de boulanger, très bien. La maison s’affiche comme éco-responsable mais propose le café Nespresso et des produits brésiliens, sans doute venus jusqu’ici en parapente. Enfin bon. Et puis d’un coup, vlam! Un géant barbu pousse la porte des cuisines comme on sortirait d’une caverne, se jette sur un verre derrière le comptoir: pas de bonjour, pas de sourire, pas de regard, rien. Grumpf. On dirait Mauricette le matin avant le café. Heureusement qu’il ne nous a pas tellement vu, sinon il nous aurait peut-être mangé. Quand il est retourné dans sa tanière, Mauricette a rigolé: « Le Frelon d’Or » mais l’ours se réveille.