Le 122

2.5

L’impeccable se dessinait, un bâtiment excentré du centre-ville avec quelques commerces repeints de frais et même des places de parking en épi, ce qui est la moindre des choses devant une boulangerie.

Au fond, une terrasse mussolinienne avec un gros plafond en béton, beaucoup d’angles droits. Dedans, c’est infiniment plus coloré, éclairage leds fushia et bleu, long bar cossu, chaises confortables et serviettes en papier. L’ambition de brasserie n’est pas ambigüe. Et puis la patronne, elle n’a pas l’air commode. A l’usage, elle est tout simplement directive. On voit qu’elle le sait et fait des efforts. Quant à la petite serveuse, elle déroule dans l’automatisme, un sourire, juste un, serait le bienvenu. Miracle: le plat du jour est un « osso buco de veau, spaghetti » à 11,90€. Bravo. Souvent les osso buco en plat du jour sont à la volaille, une hérésie.

Comme beaucoup de mes voisins le choisissent (à la place des pâtes certains demandent des frites avec), je m’oriente vers la carte: 4 salades dès 12,50€, viandes dès 12,90€, des pâtes et… du poisson! Dont des « noix de Saint-Jacques à la provençale ». J’avais peur de la surcharge d’ail et de l’abus de poivron. Alors qu’au final les légumes émincés fins sont travaillés avec délicatesse, sans caricature. Le risotto central est contrôlé. Mais les 6 minables pétoncles avec corail décongelées en provenance du Pérou ou dans le genre, elles me foutent un cafard terrible. Comment peut-on servir ce truc? Pas bonnes en plus! Trois d’entre-elles sont amères! Alors bien sûr on va me dire « ouaiii mais pour 15,90€ on va pas mettre non plus de la qualité! ». Et pourquoi pas? 12/20 pour le cuisinier à qui on demande de faire des miracles avec les produits qu’on lui refile.

Le dessert du jour est « salade de fraises ». Statistique: vue la qualité des produits sélectionnés par la maison, de probables fraises d’Espagne chargées en « endosulfan », insecticide particulièrement dangereux pour la santé et interdit en France: non merci! Le café est correct. La dame revient après. Curieusement, j’ai rien demandé et elle argumente « tout est maison avec des produits frais ». Ça plombe un peu l’ambiance sur la fin vu le bilan. Dommage, je sentais comme une ambition, une volonté.