L’Arlequin

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Mignonne boutique colorée du centre-village, un coup de frais avec la décidée serveuse et une joyeuse ambiance de cuisine, on y rit, on s’y chambre, on y galèje.

Les deux plats du jour ne sont pas affichés à l’extérieur. Une fois installé, faut demander si ya. Autrement l’ardoise récite 3 entrées à 10€, 8 plats dont des banalités: salade italienne, milanaise, dos de saumon, magret, bavette entre 16,5€ et 19,50€. Et puis mes petits crabes mignons, du poisson. Ça a joliment sonné dans mon ciboulot de frustré de la chose piscicole, en tout cas « au restaurant ». Les tables proposant du poisson au dessus de la mêlée du moyen sont aussi rares que le denti dans le lac de Genève. Bref! Deux des plats me tentent! Mi-cuit de pélamide pêchée par mon papa et ma « blanquette de poisson pêchée par mon papa à Bandol ». C’est pas mignon ça? Fiston qui vend dans son restaurant le poisson de son papa pêcheur professionnel!

Mais qu’en pense la maman des poissons? Moi je l’aime avec du citron! Bref! J’en avais l’arête drue et le goujon qui frétille! Du frais à coup sûr! Sauf que. On m’amène une assiette creuse belle comme un cœur éloignée de ce que j’appelle « une blanquette ». Pas de sauce ou si peu, pas de riz, des bouts de courgettes fermes de qualité qui courraient dans les champs y a pas longtemps. Les poissons ne sont pas conformes à la liste énoncée par la serveuse. Pas de dorade, et quatre petites darnes. Dont un bout de sériole ou dans le genre, deux bouts comme du congre avec peau et arêtes. Tous sont consciencieusement poêlés, mais ça fait très court. Le papa, il est radin en poisson avec son fils. Fils qui prend quand même le client pour un gogo.

La sauce est bonne, un peu courte quand on achète une « blanquette » et que la composition de la sauce est éloignée de l’académique blanquette. Enfin bon pour 20€, ça fait chérot les bouts de poisson de seconde zone. 12/20 car c’est bien cuisiné. Pas de dessert, non merci. Excellent café, tasse Malongo et sucre Illy… allez savoir la marque du café que vous buvez! Pain de pizzaiolo qui donne une idée des pizzas. Poubelle dans le restaurant sous le nez du client. Un bistrot dilettante façon made in Provence qui a de quoi séduire le touriste en virée, ça nous aurait enchanté de vous encourager à le fréquenter à l’année. Une autre fois peut-être, quand papa livrera du poisson à fiston. Et que le cuisinier relira la recette de la blanquette.