Golf de Barbaroux Hôtel Mercure

1.5

On retrouve les clichés négatifs des hôtels de groupe tel le personnel inodore et sans saveur, comme forcé à s’en tenir à ses strictes attributions contractuelles alors que moi client, je veux juste qu’on m’aime.

Manque ce petit plus qui ferait que l’employé vautré derrière son comptoir astiqué se lève et sourit au client qui pointe son pif, au lieu de tendre le bras en disant « c’est là-bas » dans un air blasé de guichetier vissé au guichet berlinois du service accueil de la STASI en 1974, ce qui atténuerait de surcroit le côté assommant de l’architecture de hall de gare amélioré. A gauche le restaurant, à droite la brasserie. Frida et Helmut me disent de filer à la brasserie, j’obtempère. C’est l’inconvénient d’avoir le physique commun du vendeur d’extincteurs. Je serais Brad Putt ou Eva Green (facile) venant taper la baballe entre deux tournages, c’était pas la même limonade. Mais passons. La terrasse ensoleillée est bien garnie, collègues de bureau échappés du centre-ville, lascives copines lunettes à écailles sur le pif et gambettes étirées pour la bronzette pendant que leur mari tripotent baballe sur le gazon. Le jeune serveur s’essaie à l’autorité avec ses collègues plus sympas que lui. C’est rigolo de voir les luttes de pouvoir en salle, la façon d’être et de parler, de demander un café à la timide préposée bref: la vie en entreprise quoi!

La carte s’organise pour satisfaire à tout moment le client sportif ou pas: frites, hamburger, croque monsieur… Aussi, des entrées qui débutent à 10€, des plats de 12€ (omelette) à 22€ (entrecôte) mais j’ai noté la présence douteuse mais presque rassurante d’une blanquette de dos de lieu (18€). Le midi, menu 26€ et sa formule à 19€. Choix unique avec immangeable « tartare de saumon ». Que c’est mauvais, ça sent même un peu fort. Je sais bien que dans cette structure (groupe Accor), le cuisinier ne choisit pas le produit imposé par sa hiérarchie mais là, il est totalement honteux de servir ce genre d’horreur. Alors ce cuisinier maquille le saumon de contrebande, joue de la feinte cosmétique. Brunoise crue de concombre et de poivron vert. Deux produits que je ne digère pas, et je ne suis pas le seul. Une flaque de pesto pour assurer le coup, histoire d’ajouter du gras au cas où certains n’auraient pas compris. Voilà le 6/20.

Le serveur, zélé devant ses collègues, est toutefois incapable de m’informer sur la qualité du plat intitulé « émincé de bœuf ». Il en pose des questions lui. Pénibles ses clients à vouloir savoir. Arrive un pavé de bœuf, genre viande à fondue, pas chère à l’achat. La présentation fait des efforts, au moins 150 grammes d’une viande colorée par la cuisson et saignante à cœur, ferme mais débitée en 4 grosses lamelles posées sur un curieux gratin dauphinois cerclé d’un centimètre d’épaisseur. Pour décorer, champignons décongelés (pleurotes) pas assaisonnées, dommage. Jus de viande, bien. 12/20. A cause de la calamiteuse entrée, on ne n’extirpe pas du zéro: le plat remonte la moyenne! Encore un golf à l’assiette médiocre.