Bistronomie Yasmine Vieux-Port

2.5

BISTRONOMIE YASMINE VIEUX PORT restaurant Marseille – « Yasmine Vieux-Port » car il en existe un plus ancien du côté du Cours Julien, tenu par la même direction. Pour les férus d’histoire de lard, la récente boutique côté mairie remplace l’ex « La Virgule » où sévissait Lionel Lévy.

L’ambition culinaire est désormais syrienne. Inutile de sauter sur Wikipédia, cette cuisine méditerranéenne ressemble à sa célèbre voisine libanaise comme deux gouttes d’ayran. Ah ben du coup, allez voir sur Wikipédia pour « ayran ». La demoiselle de l’accueil m’a fait attendre un bon moment debout au milieu. Sauf qu’elle m’a regardé avec plein de yeux rieurs pour me faire comprendre qu’elle allait s’occuper de mon cas rapidement, le temps de clore poliment la conversation en anglais avec un couple d’américains attablés. Les restaurateurs français bien d’chez nous: prenez des notes. Bref! A table, une dizaine de plats qui font repas entre 14€ et 16€. Je ne comprends pas: des frites dans toutes les exotiques propositions! J’ai vu leur profil lipidique sur les tables voisines: elles sont nulles! La serveuse semble en avoir conscience puisqu’elle m’arrange le coup: « on vous les remplace par ce que vous voulez! ». Les restaurateurs français bien d’chez nous: prenez des notes.

Alors je me lance sur « l’assiette les 7 portes viande » avec possibilités internes. Comme c’est long à venir, on me propose une petite entrée pour patienter. Les restaurateurs français bien d’chez nous: prenez des notes. Pour moi, un frais et citronné taboulé très persillé. Et puis mon plat arrive enfin! Kebbab, deux brochettes de bœuf peu grasses et gouteuses. Purée de pois chiche (hommos) rondouillarde mais surchargée en huile d’olive aux épices. Trop. Comme l’excellent caviar d’aubergine (moutabal) absolument maison, rare. Salade fattouch avec concombre tomate, salade verte sumac, mélasse de grenade (pas senti), et pain frits, comme des cornflakes. Le duo de feuilles de vignes farcies prétendues « faites maison » n’est pas intéressant. Une profonde déception. Acres comme les conserves communes… ce qui est peut-être le cas. Excellents kebbe: boulettes de boulgour. Pas sèches comme souvent, souples. Et crème à l’ail, une curiosité. Pour l’ensemble, les notes vont de 9/20 (feuilles de vignes) à 14,5/20 pour le caviar et le kebbe. Disons 13/20 pour l’ensemble qui monterait aisément à 14/20 avec moins d’huiles ajoutées.

Le service décidément adorable m’amène deux extraits de sucreries avec mon café: un feuilleté aux noix un peu rance, « baklawa aux pistaches » aride et sans gourmandise. Je sais bien que les baklawas diffèrent suivant leur pays d’origine, je le préfère personnellement miellé. 12/20. La maison affiche ostensiblement « 98% fait maison homemade ». Le pain libanais annoncé « non-maison » est effectivement servi dans un sachet en plastique Carrefour. Ça n’aide pas tellement au dépaysement romantique, tout comme l’idée modeuse de « bistronomie » fièrement annoncée.