Art De Vie

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ART DE VIE restaurant Pertuis – Au départ, une boutique dans la zone commerciale de Pertuis, une magnifique cave à vins avec des à-côtés d’épicerie fine et coffrets cadeaux. Quand tu entres, tu as envie de flinguer ton PEL en achetant tout.

Extra et en plus dans la sélection de flacons, le patron ménage avec talent la chèvre et le chou, fourgue de la cavalerie connue qui rassure et des boutanches à qui faut donner la chance. Jusque là, c’était parfait: je n’aurais pas dû manger! Il faut traverser le magnifique magasin pour retrouver le coin restaurant, la trentaine de couverts. Le serveur et sa collègue vous y accueillent avec chacun une tronche de caissier Urssaf. Ça refroidit. Le repas est dans la lignée antipathique. Pour avoir des conseils sur les vins, vaut mieux taper le nom de domaine sur Google. La serveuse: « poulala… ce vin? J’y connais rien, pas à moi qu’il faut demander ». Bref! La proposition d’assiette est marketée. Large et inquiétant choix de plats. Formules-menus de 21€ à 27€, une carte avec 7 entrées à 12,50€ sauf la salade verte à 5€ et le foie gras à 15€, 5 plats dès 18€, des assiettes-repas de 16,60€ à 19€ et des suggestions comme pâtes à la langouste à 39€ complétées par des coquillages et crustacés, ohé-ohé.

La formule 23€: entrée+plat+café avec alternative. La « salade vigneronne » arrive dans son petit ramequin à oreilles, un peu de raisin blanc et du persil plat sur le côté. Tomate jaune, radis, cornichons et surtout du cervelas en généreuse quantité. Sauf que l’ensemble est glacé, préparé à l’avance et stocké au frigo: saveurs bloquées au 3ème sous-sol. 11/20. Le plat, j’en salivais. Dans un tel lieu dédié aux plaisirs de gourmandise, l’intitulé cause: « jambonneau lentement confit à la graisse de canard ». Dans un plat à tajine, un jambonneau de mauvaise extraction, visiblement démoulé de frais du bloc, chair trop compressée et… tiède. Le lit de légumes certes variés, est avachis et farineux, à la limite de la purée et sans aucun gout, pas possible de terminer, ça sent le braquage avec du congelé Brake. Déco identique à l’entrée: grains de raisins blanc et persil plat qui confirme un automatisme de dressage d’assiettes, à l’opposé du registre bistrotier qui fourgue du plat canaille rustique mijoté. Et sincère. 7/20 pour ce plat minable qui flingue le fantasme.

Voilà. La nombreuse clientèle « qui a les moyens » semble ravie, chloroformée qu’elle est par le contexte hypnotique de plaisirs épicuriens affichés. J’ai même vu ce midi une extravagante dame en robe du soir qui se tapait du foie gras avec des frites, parlant un peu fort dans de grands gestes devant ses collègues: elle expliquait que l’éducation, c’est important. Commence par toi ma cocotte. Bref! Grosse déception, restaurant tiroir-caisse. Pour les produits manufacturés en vitrine, point-barre. Alors qu’on croyait à la rumba du bon rata sous la fourchette.