L'OS ET L'ARÊTE du Bouche à Oreille n°72 Déc 2009

JOURNALISME MODERNE ET DÉCOMPLEXÉ

RENÉ BÉRARD PIGISTE À “VAR MATIN”!

Les temps sont durs, mais pas pour tout le monde. La baisse de la TVA dans la restauration aura (c’est bientôt fini) donné un coup de pouce à bon nombre de restaurateurs dans le rouge ou dans le doute d’exercer la profession. Le meilleur moyen de rameuter la clientèle, période de marasme économique ou pas, c’est de faire appel aux “amis”. Et la famille Bérard en compte parmi les médias, des “amis”, nous en avons souvent parlé dans cette rubrique de “l’Os et l’Arête”. Car enfin, heureusement que le journal “Var Matin” donne régulièrement un petit coup de pouce à des chefs incontournables et qui méritent d’être encore plus connus qu’ils ne le sont! Comme Bérard. Sinon, faudrait qu’ils la payent plein pot la pub de leur boutique! Bref! Ainsi en Octobre 2009, une fois de plus et sans rougir, le support publicitaire “Var Matin” offrait à ses lecteurs bichonnés un article élogieux sur René Bérard de la Cadière d’Azur (83) macaroné depuis 2006, en titrant “le chef étoilé dévoile ses secrets de cuisine”. Ah mais nous, on veut pas les connaître ses secrets de cuisine! Non merci! On a mangé et ça nous suffit! On veut pas en savoir plus! De toutes manières ses secrets, il les dévoile! Mais ne les offre pas! Le titre est trompeur! Il s’agit simplement de faire savoir que René Bérard fait des stages! Pour avoir l’honneur de connaître ses secrets, le gogo devra débourser entre 1110€ à 1355€ pour 4 jours de félicité intense lors d’une enrichissante formation. Enrichissante n’en doutons pas, mais ça dépend pour qui! A ce prix là et si du talent existe, peu de chance de le dénicher sous la toque! Plutôt au sein du service comptabilité de la maison Bérard! Var Matin enfonce le clou: “Outre les recettes, les participants plongeront avec René Bérard dans les secrets de sa quête des bons produits locaux: potager du chef, marché au poisson de Sanary, visite aux partenaires de l’hostellerie (mielleries, viticulteurs,etc.)”. Partenaires? On se demande! Il s’agit tout bêtement de fournisseurs! Car pour mémoire dans son “bistro”, nous avions payé quand même 21€ un bien triste vin de la coopérative voisine nommée “La Cadiérienne”. Pas cadeau, le pinard, pour un “fournisseur partenaire”! Et nous savons (nous sommes bien informés) que Bérard achète son poisson ailleurs que sur le Port de Sanary. Faut dire aussi que ce joli petit port est infiniment plus folklorique pour la photo avec les stagiaires que l’usinaire Métro! Ils en auront ainsi un peu plus pour leur argent! Mais on sort du sujet: et si les journalistes de Var Matin faisaient leur boulot de défricheurs de tables au lieu d’être aux ordres des commerçants influents? Bigre! Je remarque que l’article de Var Matin sous mes yeux… n’est même pas signé! C’est vous dire le courage!

Damien et Olivier Gros