L'OS ET L'ARÊTE du Bouche à Oreille n°52 Nov 2004

LE SAFARI AUX VOLUTES !

Ça y est les safaris aux volutes ont commencé ! le réveil a été brutal ! Les services compétents se sont aperçus qu’ils avaient une loi sur les bras , que personne n’en tenait compte et qu’eux mêmes ne se donnaient pas la peine de faire des contrôles, jusqu’au jour où leur hiérarchie leur a secoué les puces afin que loi en vain devienne la loi qu’on craint. Ils ont débarqué style KGB dans nos établissements, dressant des procès verbaux avec volupté et sans modération, traquant la moindre volute mal placée, histoire de rattraper le temps perdu. Les législateurs voient encore plus loin en prévoyant d’interdire le tabagisme jusque dans les bistrots, temples historiques de la volute en tout genre, pour lutter contre le tabagisme passif, pour protéger le non fumeur car aujourd’hui, on connaît parfaitement les ravages occasionnés par la fumée chez ceux qui ne fume pas. Loin de moi, l’idée d’empêcher un fumeur de fumer mais pourquoi donc ce même fumeur sans gêne voudrait-il m’empêcher de ne pas fumer ? Il vous dira d’un ton patelin, comme mon gendre, que de toute façon, lui, on lui fait respirer de force toute la sainte journée des vapeurs d’essence déversées par des millions de tuyaux d’échappements bien plus nocifs que sa malheureuse clope. Et le tour est joué ! Le non fumeur n’a plus qu’à fermer sa gueule et fumer en silence parce qu’il y a des vapeurs d’essence dans l’athmosphère. En conclusion non fumer tue !

L’INEVITABLE RECHUTE !

Dans la pratique, il serait si simple de sortir un peu de ce qui reste d’éducation à ces pollueurs de lieux publics pour éviter que toutes ces lois et surtout celle d’Evin, deviennent répressives. Imaginons que vous, fumeurs invétérés, drogués de la clope, dépendant au dernier degré avec des poumons aussi noirs que la mort, vous décidiez d’arrêter net de fumer, hé bien, je vous le dis, vous le confirme, vous ne pourriez pas mener à bien votre résolution parce que vous vous heurteriez au tabagisme ambiant, arrogant qui continuera non seulement à envahir vos poumons mais de surcroît vous poussera à l’inévitable rechute. Tout simplement parce que les fumeurs sont intraitables et ne veulent pas admettre qu’il existe une frange de la population qui ne veut plus s’enfumer les poumons et se défaire de la tyrannie et de l’esclavage du tabac. Pour illustrer mon propos, je connais un couple dont la femme s’est arrêtée de fumer et l’homme continue. Celui ci non seulement ne s’est pas arrêté mais fume sous le nez de sa femme, l’obligeant ainsi à fumer contre sa volonté, sans le moindre cas de conscience. Pour ajouter à son égoïsme, l’inconscience de son comportement, il fume à poumons déployés depuis longtemps, devant sa fille qui a aujourd’hui une dizaine d’années et qui a donc dix ans de tabagisme passif au compteur. C’est comme un plan d’épargne, on verse un peu chaque jour, à part que là, on n’épagne rien, on retire du capital existant un peu chaque jour. Ce cas évoqué n’est certes pas unique, c’est le cas de tous les fumeurs qui ont des enfants. Il suffirait à ces fumeurs de ne point fumer dans la voiture avec leurs enfants ainsi que chez eux, il leurs suffirait d’aller griller leur clope sur la terrasse, juste pour épargner la santé de leurs enfants, juste pour ne pas leur imposer ce poison qui tue, juste pour ne pas dire : “NE PAS FUMER TUE AUSSI !”

Paul Bianco