L'OS ET L'ARÊTE du Bouche à Oreille n°93 Mar 2015

LE COMPLEXE DE LA FRITE

Derrière le cocasse de l’histoire, c’est l’obsession maladive du “fait maison” accouché par l’Etat en 2014 qui fait débat! Label-doublon fourre-tout et moins exigeant que celui de “maitre-restaurateur” tout autant étatique! C’est vous dire le pathétique! Bref! Le “fait-maison” label félon pondu par ces “Messieurs les ronds-de-cuir” pour ne pas froisser les mastodontes de l’agro-alimentaire! Ça se voit comme un cannelé industriel au milieu d’un café gourmand! Une trouvaille marketing sous forme de logo gribouillé à la craie sur les ardoises par nos chers restaurateurs en quête de respectabilité. Mais où le bon grain de chef est noyé sous l’ivraie des truqueurs. Mais passons.

Ça se passait à Hyères au restaurant “La Grange”. Notre repas fut vraiment loin d’être ridicule! Un bon employé qui derrière en cuisine, se secoue la toque! Et pas qu’un peu! Sauf qu’en salle, la direction fait la messe du fameux “tout est maison” à l’attablé. Presque vrai mais les frites, non. Au lieu par exemple, de dire la vérité en expliquant au client que le cuisinier seul n’a pas le temps d’éplucher des pommes de terre pour faire des frites fraiches, la dame insiste lourdement “si si, elles sont maison”. Une vraie vendeuse de foire. Même que venu nous saluer à table un peu à l’ancienne, son cuisinier nous confirme que les frites, c’est du congelé. Peu après, l’autre désavouée têtue comme une mule et prise la main dans le sac (de frites) revient et en rajoute une couche! “Si vous l’dites” qu’elle lâche avec un mépris qui n’a d’égal que l’honnêteté de son cuisinier. Bref! Un repas plutôt correct gâché par l’obsession de la direction à vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Comme si marteler un mensonge le faisait devenir une réalité. C’est idiot car en ce qui me concerne, je suis moins hanté par la marotte du “fait maison” que par l’honnêteté d’un cuisinier. Car comme la plupart des individus, je n’aime pas la dissimulation, le mensonge. Comme celui des “frites maison” qui n’en sont pas.

Olivier Gros