L'OS ET L'ARÊTE du Bouche à Oreille n°54 Avr 2006

UN PRÉTÉ POUR UN RENDU !

Je lis dans ma bible quotidienne, Var-matin, “Senderens rend ses étoiles…” est-ce à dire qu’il s’en était mis trois, tout seul comme un grand, sans la permission de personne ? étonnant non ! Nous, on croyait benoîtement que le dernier rempart contre le pouvoir autocratique et dictatorial d’un quarteron de grands chefs restait le Miche. Mais voilà qu’on apprend que Senderens ne veut plus de ses étoiles encombrantes comme si le guide devenait tout à coup pestiféré, comme s’il n’existait pas, comme si le guide attendait les ordres, le doigt sur la couture, du célèbre chef du Lucas Carton. Un chef n’a rien à imposer à un guide, qui lui, par essence, doit faire son boulot, tester, rendre compte sans tenir compte de l’avis du concerné. Ben non ! ça ne se passe pas comme ça dans les sphères des guides et de la drôle de cuisine. On attend les consignes du Suzerain, son imprimatur et question étoiles, il n’y a pas de problèmes, on on n’a pas encore de planche à billets mais on a la planche à étoiles et pour ceux qui n’en veulent plus, la déchetterie est juste à côté, il suffit de dire. Combien vous en voulez ? attention, ça marche par trois ! au delà, il faudra monter un deuxième établissement ou un troisième, genre Ducasse. Non, aujourd’hui vous me les reprenez, je n’en veux plus ! Il est vrai que le Miche est un peu passé de mode, avec toutes les affaires tordues qu’il s’est coltiné depuis deux ans. Il y a d’abord eu l’affaire du livre d’un ancien inspecteur du guide : “l’inspecteur se met à table” qui porte sur la place publique les drôles de méthode du miche qu’on dénonce depuis plus d’une décennie. Personne nous prenait au sérieux. Y a eu cette affaire d’un établissement référencé alors qu’il n’était pas ouvert. Ça fait désordre pour une bible. et la dernière se passe à Ostende pour les mêmes raisons. Pour ceux qui en doutaient encore, le Miche n’est pas celui que vous croyez, il ne teste pas toutes les tables qu’il référence. Dans “l’inspecteur se met à table”, l’auteur avoue qu’ils ne sont que cinq et non une centaine et qu’ils visitent les cuisines de neuf établissements et qu’ils testent une seule table quotidiennement, ce qui revient à dire que 90% des adresses ne sont pas testées. Un record monsieur!

Paul Bianco