Vin’Olive

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Avant, ça s’appelait « les terrasses gourmandes ».

Nouveau sobriquet: on garde les cornichons et on change l’étiquette. Seul le cuisinier est nouveau venu dans le pot. Il s’agit du fiston du taulier qui tenait déjà boutique avant. A avoir vécu ses assiettes, le jeune chef est probablement formé aux méthodes dites « gastro ». Contrairement à l’accueil. 13h: avec la serveuse, ils sont tous deux assis devant l’entrée de la cuisine avec leurs téléphones à attendre le client. Déjà pour une pizzéria, j’ai un peu de mal. Alors quand le menu complet est vendu 36€… La poubelle des toilettes remplie de la veille. On m’installe en terrasse face au panorama mais aussi, face au vent et à un set de table avec serviette en papier. Fait pas beau. Rafales dans le pif, chuis pas bien. Je change de place après autorisation obtenue auprès de la direction.

Vu la météo, j’aurais bien mangé dans la salle: « fallait me demander » qu’elle me dit la dame! Ça me fera toujours rigoler! C’est à vous de proposer! Ça marche dans ce sens! Enfin bon. Des suggestions appelées « spéciaux », 5 plats entre 20€ et 26€. Et puis un menu-carte 3/3/3 pas bête. On sent bien l’initiative d’un vrai cuisinier qui a des idées: « asperges de Camargue et sa vierge d’agrumes ». 4 asperges rebelles du côté blanc, vinaigrette très bien, culottée. Jolie salade travaillée, ça n’a l’air de rien mais c’est du boulot: 14/20. Plus approximatif « tronçon d’espadon à la crème d’asperges anisée et sa tombée de fenouil ». Des tranches trop fines d’un poisson pâle comme un cachet d’aspirine. Triste, travaillées comme si le cuisinier évitait soigneusement d’utiliser des poêles pour colorer. Ça fait moins de vaisselle. Mais c’est blanc même dedans, comme un lieu commun lui-même excellent poisson.

La maligne crème d’asperges anisée est réussie en bouche, mais d’aucune tenue. Le fenouil est confit à l’huile d’olive. Pas de féculent. Manque de nervosité globale, mais c’est plutôt bon. 13/20. Vendu quand même 24€ à la carte (boing). J’ai failli prendre un dessert mais la dame m’a demandé si je voulais un café. Alors bon. En même temps que les idées d’assiettes abordent courageusement une sophistication encore fébrile, on décèle un attachement aux produits de Camargue comme l’asperge et le taureau. Bref! Cuisinier en devenir, faut juste du temps. Mais tant que l’ambition culinaire ne sera pas à la hauteur de l’ambition tarifaire, y aura comme qui dirait « un noyau dans la mayo ». Noyau d’olive, bien entendu.