Restaurant L’Osmose

4.5

Gaffe, vous roulez trop vite, vous allez la louper et ça serait ballot. Plein centre-ville, à un jet d’anchois du Vieux-Port d’un côté et à un jet de tomate de l’Hôtel Continental où elle s’adosse en toute modestie. De 2001 à 2017, la maison était connue pour sa sérieuse cuisine vietnamienne: « le New-Dalat ». Fin 2017 et après un lifting réussi, Marlène Ninh reprend les rênes de la boutique de ses parents avec son compagnon Olivier Mouren: union de savoir-faire (aussi)! Elle sait les recettes vietnamiennes familiales, ce pur marseillais maitrise la cuisine « classique » comme peu de cuisiniers dans la ville. Souvent à l’ombre de chefs aimant la lumière, le récent quadra est sorti de « Bonneveine ». En cuisine à Marseille aux côtés de Christian Ernst (Charles Livon), un peu chez Passédat, un bon moment à la Mado à Aix, à la fameuse calanque de Figuerolles (la Ciotat) et encore récemment au Rowing Club du temps de Gilbert Bitton. Des clients heureux, il en a fait une montagne. L’histoire continue ici, ou plutôt commence pour moi et la vingtaine de veinards attablés. Les propositions au quotidien sont inspirées…et amusantes à lire!

En effet! La sole farcie aux couteaux se frotte à la daube de bœuf vietnamienne! Le rôti de veau aux saveurs de la garrigue au gio thu (terrine de cochon vermicelles)! Les nems aux crevettes au rumsteak-lentilles au lard! Le ban cuon au pageot rôti au jus de langoustines! Etonnant non? Le jour de mon voyage… pardon… repas: entrée « rognons de veau en persillade ». Ils sont parfaits, cuit entier et rosé à cœur, coupé pour la présentation dans un petit bouillon parfumé. Mignon comme tout, 15/20. J’ai envie de sourire en entamant mon « banh canh cua, udon au crabe dans son bouillon ». J’ai beau me touiller le ciboulot, jamais vécu un tel grand écart lors d’un repas! Et encore moins avec un tel niveau de cuisine! Excellent bouillon mijoté, fruité et épicé (coriandre, soja…), du croustillant et du mou. Pâtes udon translucides à la pâte de riz. 15/20. Dessert? Dôme au chocolat ou « panacotta aux fruits »? Elle: panacotta parfaite dans sa texture, coulis fruité peu sucré. Dessus, une véritable salade de fruits frais: mangue, ananas, pomme et poire. 15/20 encore. Beaux verres, serviettes en tissus, service sérieux et souriant de Marlène Ninh. Baie vitrée qui éclaire une salle bien tenue, terrasse. Adresse en devenir, archétype d’une forme de restauration d’avenir: affaire de couple, produits frais, recettes imaginatives et surtout, aucune course imbécile au volume. Et quel rapport qualité-prix!