O’Sign

1.5

Dans ce restaurant, brasserie, café, lounge au bout de la « rue Nat' », il y a bien une formule du jour à 15€. Sauf qu’avec Mauricette, on est curieux de voir comment fait un cuisinier pour sortir 15 entrées et plats avec ses seules petites mains.

En même temps, le concept présenté transpire un simple travail de brasserie commune: assiette de charcuterie du pays, carpaccio, tartare, entrecôte, gambas, pièce du boucher, l’inévitable burger… mais aussi et plus originaux (c’est pas difficile): sauté de thon façon thaï et raviolis de chèvre sur lit d’épinard. Mais pas de pot, yapu. C’est bien notre veine. Vue la chaleur assommante, la carte raccourcie et notre intrépide installation en terrasse, on s’est recentré sur deux salades. J’ai misé sur « salade de chèvre frais poêlé au lard paysan ». Beaucoup de feuilles de salades fraiches. Beaucoup trop. Ça fait du volume pour pas cher vous comprenez, la feuille de salade. Ils font tous ça. Des pignons de pin, des tomates séchées, un gressin au sésame pour le tralala aux mirettes.

Le meilleur et de loin, c’est le fromage en papeton lardé puis poêlé, une bonne idée. Le superbement ringard, c’est l’auto-sabotage du cuisinier sur ses propres assiettes: il les badigeonne sans répit mais avec outrance de crème de balsamique. Partout des zigouigouis. Ça tient du tic maladif épileptique. Comme si tu balançais du Canard-WC sur une rose. Enfin bon. 11/20 pour 12,90€. La dame au chapeau vert préfère choisir la « salade melon-comté ». L’artiste-peintre affolé du balsamique défoliant s’en occupe. Il lui en reste dans le jerrican. Qu’est-ce qu’on a ri avec Mauricette! On a déliré comme des collégiens, nous disant que peut-être, le cuisinier en mettait sur ses tartines avec le beurre le matin. Bref!

Moins de feuilles de salade que pour ma pomme, un gressin, une tomate coupée en 4 et un melon bien choisi. Vu les traits de machin qu’il trimballe sur le pif ce pauvre melon, s’il croise des collègues cucurbitacées, ça va pouffer dru. 11/20 et 12,90€. Le pain est fameux, le café de qualité. Le spacieux intérieur est plutôt bien tenu, modernité confortable. Quoiqu’un poil résignée dans son quotidien de restauratrice un peu blasée, la dame du service est adorable et très souriante. On ne saurait trop lui conseiller d’acheter un escabeau ou de se faire pousser les bras pour nettoyer les négligés luminaires en fer forgé de la terrasse: ils sont sursaturés en toiles d’araignées remplies d’insectes de toutes sortes. Jamais vu ça! Vu la couche, certains moustiques ont croisés le regard de Napoléon III!