Ô Mets Thaï

1.5

Le décorum ne laisse place à aucune ambigüité!

La volonté de la direction de faire ici comme là-bas est criante, on s’y croirait. Bravo pour ça même si les plantes sont en plastique. Patience: avec le réchauffement climatique, bientôt les vraies! Mobilier confortable, serviettes en tissus sur des tables soignées. Gros efforts sur la forme, tant mieux, bel investissement, tout ça. Seulement voilà. On passe la porte avec Mauricette, le patron nous voit mais ne nous calcule pas. Vrai qu’il est occupé à prendre une commande. M’enfin un « bonjour j’arrive » équipé d’un petit sourire nous suffisait. Ou alors on n’a pas compris que ça l’ennuyait qu’on vienne dans son établissement, c’est vrai quoi, y en a d’autres pas loin, pourquoi moi, on n’a pas idée.

Ça s’arrange un peu pour le service, personnel dans la lignée: très peu souriant, confiné dans un registre éteint de porte-assiette fonctionnel, tu manges et tu payes. C’est un peu embêtant pour la boite à fantasme d’un restaurant qu’on baptisera pratiquement d’exotique. Bref! La dame au chapeau vert a observé les fritures sur des tables voisines: pas mal! Samoussa, ravioli, tempura et rouleau! En l’absence du grand classique « tom yum gung » (soupe de crevette/citronnelle)(dont on s’apercevra plus tard qu’il était au rayon « spécialités » à 14,90€)(bing), elle vire « tom kha kai » c’est-à-dire soupe de poulet, lait de coco parfumé au galanga, citronnelle et coriandre. Comme souvent, les odeurs flattent, parfumé et un poil pimenté. Bouts de poulet identiques au commun des restaurants asiatiques, chinois ou vietnamien. Bof. 13/20 pour 11,20€.

Moi: « kang keaw wan ». Curry vert de poulet. Prévu avec lait de coco, basilic thaï, combawa et aubergines thaï. M’arrive une énorme soupe dans une assiette creuse. Ouch. Je vais à la pêche, au fond du sirop (bonjour le sucre): bouts de poulets identiques au plat de Mauricette, haricots verts congelés, poivrons orange, bouts de carotte. Et là, poilade! Je demande au patron « où sont les aubergines thaï prévues? ». Il me répond sans rire comme pour me faire comprendre que je devrais me mêler de ce qui me regarde: « bloquées par les gilets jaunes ». Ferme-là et bouffe. 9/20 pour 14,90€. Le riz gluant est radin dans la portion pour 3,5€, et servi à même le panier tressé sans protection. Mes couverts sont sales, le mir-vaisselle est probablement bloqué aussi par les gilets jaunes. Pas de dessert, pas de café, ça ira, merci. Bref. Y a plus qu’à se calmer dans l’esbroufe et à s’appliquer dans la bouffe.