Les Délices de l'Orient

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Un changement de propriétaire plus ou moins récent selon ce qu’on en sait.

Ce qui est sûr et vérifié, c’est que la demoiselle à l’accueil est épatante dans sa tonicité souriante et sa vingtaine de printemps. Avec sa copine en cuisine, elle a beau papoter au comptoir peu discrètement façon café du commerce, son entrain fait plaisir à voir! Cadre contemporain et propre, dont les codes esthétiques passeraient pour n’importe quelle spécialité: elles sont ici annoncées marocaines. Une dizaine d’entrées orientales (ou pas) de 7€ à 13,90€ (sardines et filets de rougets), 8 couscous de 14€ à 24,90€, des grillades et 3 tajines. J’ai pris le « tajine à l’agneau ».

Cinq préparations sont possibles, dont une « aux raisins et aux oignons ». Mon tajine arrive fumant dans le récipient idoine. Il est même en ébullition sous mon nez, ce qui est peu délicat. Passe encore. Le bouillon bouillonnant est un bouillon probablement commun à tous les tajines, et qui présente la curieuse caractéristique d’être vert. Encore qu’en regardant à nouveau les photos, je me dois d’être honnête en précisant que ce vert tend un peu vers le marron. Rare. Et puis donc, les cuisines ajoutent au dernier moment sur le dos de la viande choisie la préparation souhaitée par le client, en l’occurrence « raisins et oignons » pour ma pomme mais y en a pas dedans. Tranche de gigot sèche et dure comme un coup de trique, précuite depuis trop longtemps, peut-être même l’année du couronnement de Mohammed VI. Une horreur. Viande pas bonne du tout, on n’a pas idée de servir un truc pareil.

Dessus comme pour cacher, la mélasse trop sucrée de raisins et d’oignons, écœurante au possible. Autant de maladresse et d’amateurisme dans la recette est rare. Comme si la direction ne goutait pas ce qu’elle sert à manger, ce qui est probablement le cas. A côté un bol de semoule de granulométrie moyenne est proposé, absolument pas graissé, comme à la cantoche. Pour le prix (16,90€) j’achetais plus de 3kg de merguez chez Lidl et j’invitais les copains chez moi devant un barbecue et une bouteille de Boulaouane. 8/20. Autant vous dire que j’ai laissé tomber le dessert, j’ai encore le traumatisme sucré de la mélasse du tajine qui me tapisse la boite à chicots. Le café pour rincer: tasse froide. Je trouve les couscous de mes voisins peu aguichants et un peu courts de la quantité, mais ils ont l’air satisfaits. Un peu de pommade folklo, histoire que le client se sente comme à Marrakech et hop! L’affaire est dans le sac. Bref! J’ai bien vu une serveuse, mais où est le cuisinier?