Le Mas Sainte-Asile

0.5

Un restaurant de plage ouvert à l’année qui roucoule une ambiance de congés payés et de crème à bronzer, ouvriers en « pause-déjeuner » et retraités rêvant de Copacabana: à défaut de merles on mange des grives.

Plutôt même une brasserie qu’un restaurant, avec son coin bar et clopes. L’accueil est en pleine forme, le service jeune vraiment très sympa, tout sourire. On vérifiera l’état des troupes en fin de saison. Dans les oreilles, le boucan de la radio du bar. Devant les yeux, la plage et sa vue mer qui donne sur les fameux « 2 frères ». Sous le nez, serviette papier et set publicitaire. Dans l’assiette, grosse cavalerie. Une avalanche de plats. Plus d’une vingtaine d’entrées avec les tapas, et plus de 30 plats. Vous comprenez, le client veut du choix, et le client a toujours raison. Et puis aussi des menus, dont celui à 22€ avec « salade César ».

Des bâtonnets de blanc de volaille crépis de cornflake passés à la friteuse, du coup ça renifle bravement l’huile de friture dépassée. Et puis de la salade en sachet dure, des bouts de tomates, des râpures de granapanado, une incongrue sauce moutarde, du chichipanpan de poudre orange sur le rebord de l’assiette pour faire comme au restaurant car le client, il aime manger comme au restaurant. César ne s’en relèvera pas, ses lauriers sont fanés. 8/20. Je retrouve la piteuse salade et les bouts de tomates dans le « dos de cabillaud crumble chorizo ». Il est également livré avec une timbale de riz réchauffé en paquet, un morceau de poisson décongelé qui suinte la flotte. Le crumble qui le recouvre est cramé par le four. 10/20.

Quoique livrée brute de décoffrage (sans glace, sans chantilly, sans crème), la familiale « tarte tatin » tiédie avec à propos joue le jeu: 13/20. Bien peu d’application pour 22€, et un esprit de tiroir-caisse assumé à un endroit où il suffit de se baisser pour ramasser la monnaie. Alors pourquoi s’appliquer plus que de mesure dans les assiettes et servir des produits corrects, quand en file indienne disciplinée débaroule en quantité le chaland insouciant au sens critique engourdi devant un tel panorama?