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Cette critique n'est (peut-être!) plus d’actualité!

Le Mas Bottero

Vu le fracas médiatique organisé avant ouverture de ce trentenaire ancien de Ducasse et de Bras, fallait bien qu’on y trempe le pif.

La presque intégralité des blogueurs dans l’air du temps bavarde sans jamais manger, sauf s’ils sont invités. Alors ils parlent des restaurants pas encore ouverts. Sans doute trop peu de restaurants sont ouverts… Enfin bon. Avec Mauricette, nous avons passé un excellent moment. L’ancienne bicoque approximative de la Nationale 7 a laissé place à un restaurant de style contemporain confortable, collection de flacons à l’accueil, grande cuisine ouverte avec des gens studieux dedans, une salle claire épurée. Le maitre d’hôtel est formidable, heureusement. Car si en entrant les cuisiniers nous regardent, aucun ne salue! Y compris le taulier! Bouhouh… qu’ils sont tristes! Comment peut-on faire une cuisine aussi joyeuse en tirant de telles tronches? Car la cuisine est épatante.

Carte pas donnée en valeur absolue, menus 58€ (6 services) et 100€ (truffe). Et aussi le midi (y compris le samedi) un menu à 29€ et à 32€ végétal: de belles affaires! Fille de boucher corrézien, la dame au chapeau vert s’oriente pourtant sur le menu végétal avec « céleri, pomme et sésame noir en différentes textures ». Tranche ronde comme un fond de tarte de céleri entier mi-cuit, brunoise de céleri cru, bâtonnets de granny-smith, sésame, purée de céleri… 15,5/20. Puis « chou frisé aux légumes d’hiver, lait végétal de topinambours ». Comme un chou farci, enveloppe d’une feuille crue, farce vivante, je veux dire fine brunoise, végétale et tonique. Crème délicieuse. 15,5/20. Menu à 29€ très végétal, aussi. Surtout l’entrée « betterave crapaudine cuite au gros sel, oranges sanguines et cresson de fontaine ». Trois betteraves participent à la fiesta des mirettes, notamment l’inévitable Chioggia. 15,5/20. Ouééé! De la protéine animale! Avec « risotto safrané, effeuillé de skreï et coquillages ». Le skreï, sorte de cabillaud du grand nord: c’est maintenant ou jamais! Poisson à la belle cuisson, risotto dans le coup. Le jus de coquillages avec les amandes de mer font la presque intégralité du boulot. 15,5/20.

Souvenir de Grenoble: « baba au Génépi, crème légère au chocolat blanc », amusant clin d’œil à 15/20. Techniquement plus sérieux: « chocolat « Los Anconès » 1er cru de plantation en millefeuille de mangue et noisettes du Piémont ». Un millefeuille délicat, qui veut qu’on l’aime. Un millefeuille qui ne donne pas envie est toujours un millefeuille raté. Mangue pas assez mûre. Pas grave. 15,5/20. Quenelle de glace maison offerte. Fin de parcours. Rions un peu: le guide rouge 2018 exempte de récompense sérieuse cette table. Ce qui le regarde. Curieux toutefois, surtout à connaitre des maisons approximatives qui possèdent une étoile dans le département. Oui mais: à l’instar de Julien Diaz du restaurant « Saisons » à Marseille, faut savoir que Nicolas Bottero bénéficiait en 2016 de la dotation Gault et Millau pour ouvrir son restaurant. Tiens donc?