Le Jungle

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Adresse pas nouvelle mais rénovée de frais: des nouveaux depuis début mai 2017.

Avec Mauricette, on lira attentivement la carte dehors, croyant avoir misé sur le bon cheval: formule midi à 16€ et une douzaine de salades ou plats dont des aguichants mignon à l’ananas et poivre vert à 15€, risotto au gambas 24€ (bing), brochette d’onglet sauce aux cèpes à 15€ et d’autres. Accueil d’une dame épatante, à la porte. La salle toute en longueur est jolie, et mène en bout de course à un jardin caché ou plus exactement à une terrasse « 4 saisons » couverte que seul l’initié peut connaitre. D’un coup Mauricette change de comportement, commence à minauder du chapeau vert comme si elle descendait les marches de Cannes, comme si elle postulait au poste d’assistante parlementaire: quelques édiles locaux attablés déjeunent à la table voisine.

Elle s’est mise à parler un peu fort avec la délicatesse d’un Depardieu qui sirote un flacon de Bourgueil: « voui hein… siouplé… une souris d’agneau confite au thym (280g) » qu’elle meugle au serveur! Moi plus discrètement à la façon de Jean Rochefort: « s’il vous plait jeune homme, merci de me préparer des « St-Jacques au lard fumé, purée de châtaignes » je vous prie. Souris généreuse… mais tiède. Probablement non cuite sur place, viande triste. Jus lourdingue surchargé en fond de veau en poudre mais délicieuses pommes de terre façon Maxim’s. Particulièrement indigeste. 11/20 pour 16€. D’autant que Mauricette confirme son lourd repas avec un « mi-cuit au chocolat » avoué non fait maison par le serveur honnête. Je ne comprends pas qu’en étant deux en cuisine, aucun ne fasse ce genre de desserts. Enfin bon… un peu de chocolat, beaucoup de gélatine que quand on bouge le bord, ça fait comme un flan. 6€ pour 7/20.

Et mes Saint-Jacques alors? Jolie assiette qui confirme la volonté de la direction de proposer des assiettes qui tapent à l’œil en usant d’une cosmétique maligne et festive, St-Trop’… St Barth’… cinq fruits de mer souples et sans corail lardés, purée rustique mélangée patates et châtaigne, filet d’huile d’olive. C’était bon, et infiniment plus léger que la viande de Mauricette. 17€ quand même et 14/20. Sans illusion, le « nougat glacé » du même tonneau que le mi-cuit industriel. Mais faire des glaces pour un restaurant, c’est très compliqué. 12/20. Voilà le travail. Aucune carte des boissons nous a été présentée alors du coup en l’absence de tarifs informatifs, on ne prendra pas de café: on a horreur des pochettes surprises. Une adresse pour paraitre, éventuellement faire la fête, pour chiper des idées déco pour votre résidence secondaire. Malheureusement, le genre « restaurant-bar-tapas-spectacle » (puisqu’il s’agit de ça) ne déroge pas à la règle: le mélange des genre nuit au genre.