Le Jardin Des
Lilas

0.5

Quand on tombe sur cette petite maison assise dans son jardin caché dans une petite rue à proximité de tout puisqu’au presque centre-village, on se demande comment être passé aussi longtemps à côté sans l’avoir remarquée.

En même temps, c’est le principe de la discrétion. L’ardoise dehors indique « formule 20€ ». Pas donné pour un midi de semaine d’hiver, alors j’ai supposé le cuisinier triturant son art avec aisance, que la qualité du produit justifiait la tarification. En plus, l’autocollant du « guide du Routard » réconforte le chaland. S’il savait le chaland comment est conçu ce guide, il mangerait des sandouiches. Enfin bon. Fait pas chaud dedans (disons 15/18°C) et la serveuse est presque accueillante dans son décor de maison aménagée pour la circonstance de restauration. Des couleurs et un esprit oriental, vous savez, ce fameux orange et les luminaires exotiques qui vont avec? Bref! 3 entrées, 6 plats dont 2 salades de 13€ à 20,90€ et 3 desserts.

J’ai vite compris le processus de travail de la maison: magret, saumon, filets de rougets. J’ai vu passer le plat du jour de la formule à 20€ sous mon nez pour ailleurs: brochettes de bœuf. Soi-disant servies avec des patates sautées alors qu’il s’agit de cubes de patates congelés passés à la friteuse. Et vous allez rire: le législateur autorise à appeler ça « cuisine maison ». On n’arrête pas le progrès… ni la régression! Alors je vise le plus cher, je sais pas ce qui m’a pris: « picanha de bœuf Black Angus sauce aux cèpes, frites maison ». On le connait bien, ce produit qu’on voit quelquefois. La coupe définit son genre, comme un magret sur peau. Cette viande demandée saignante est froide. La sauce à part aussi. Et laborieuse: champignons secs, fond de veau, crème, badaboum. Frites décongelées et absolument pas fraiches servies froides. Le froid, ça fait de l’homogénéité dans le style. 9/20 pour 20,90€ le truc.

Le mauvais café est servi dans une tasse froide. Vous l’avez bien saisi: tout est froid! La poubelle des toilettes est remplie de l’avant-veille au soir. Le patron au profil d’évidence blasé ne dit pas bonjour, ce n’est pas l’occasion qui lui manquait pourtant. Il ne regarde même pas ses clients, c’est vous dire. Autant dire que la froideur est son credo. « Le Jardin des Lilas » n’est pas le bon plan supposé, c’est dommage, j’adore le lilas. J’aime quand c’est bon aussi. Vous reprendrez bien un peu d’illusion?