L’Avenue

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Les anciens ont quitté « L’Avenue » en prenant une autre route.

Je les regrette déjà. Les infinis miracles de Tripadvisor: table encore classée 1ère du village au moment où je vous cause de derrière mon stylo. La taule a pourtant largement changé de catégorie, sinon l’agréable et tonique accueil de la demoiselle, bravo à elle. C’est au niveau de la cuisine que la déconvenue franchit la ligne jaune: vraiment pas bon. 5 entrées entre 9,5€ et 11,40€, 6 plats entre 15,50€ et 22€ dont un étonnant magret à seulement 16,50€ et un inquiétant filet de St-Pierre à 17,50€, desserts entre 6€ et 8€. Des menus par-dessus et une formule du jour pas idiote vendue 16€ avec choix. Ce jour notamment: « filet mignon sauce au choix ». La serveuse me demande la cuisson souhaitée, ce qui est positivement rare pour ce morceau de viande souvent trop cuit.

M’arrive une grande assiette avec 4 belles tranches de viande snackées au grill, bien colorées dessus, rosées dedans, impec. Pas besoin de loupe: des bouts de métal charbonneux noirs sont collés de chaque côté des tranches, des croutes comme quand un maladroit fait des grillades sur un vieux barbecue réformé. Inconscience sanitaire! Comment peut-on servir à autrui des assiettes qu’on ne servirait pas à ses enfants? Le reste de l’assiette est très mauvais mais moins dangereux: une dizaine de patates dites « grenaille » rabougries car multi-réchauffées, une exécrable poêlée de légumes avec deux types de petits pois, congelé et conserve. Le cuisinier fait fort. A part, sauce Roquefort gélatineuse, de l’industriel à plein nez. Des traits de balsamique… 6/20.

L’honnête serveuse avoue la « tarte au citron » pas maison. Une tartelette de sous-traitance, hyper-sucrée et molle comme un épisode de Derrick au ralenti, mais bien présentée. Histoire de faire passer la pilule… qui ne passe pas: 7/20. Joli terrasse, murs décorés dans l’air du temps façon magazine de papier glacé à la mode posé sur la table du salon. Parking aisé. Manque juste une cuisine digne de ce nom. Déception, le village n’est culinairement plus guère fréquentable.