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Cette critique n'est (peut-être!) plus d’actualité!

L’Antidote

C’est une maison pas bleue adossée à la colline, vous pouvez y venir à pied mais ça vous fera peut-être loin car voyez-vous, elle vaut le déplacement. Non que s’y trouve un cuisinier aux dents qui rayent le sol et à l’ambition dévastatrice d’en découdre avec les rares as de la place. A coup sûr, l’exact contraire! Les « grandes maisons », les nouveaux impétrants de « L’Antidote » connaissent. Les écoles hôtelières, le Spinnaker et le Royal à Deauville (14), la Table du Marais à Amiens et le Domaine & Spa de Villers-sur-Mer (14)… et puis juste avant notre couple œuvrait en chœur (et en cœur…) pour la Société Nautique de Genève. Autant dire que le tralala du chichi et les salamalecs pour émir en goguette, ils ont donné, finito, terminado, the end. Automne 2015: direction « le sud » comme on dit dans le nord! Précisément Ollioules et c’est tant mieux pour nous! Avec son gros nez qui voit loin, Mauricette a vite reniflé l’orientation flagrante de Ludovic Lamont à travailler le produit frais comme il respire. Amusante façon de réciter avec soin l’idée tapas pour les entrées, puis de revenir dans les conventions classiques pour les plats! Rillettes de maquereau, brochettes crevettes chorizo, terrine de foie de volaille, roulé de magret fumé et foie gras, tatin à la tomate et compotée d’oignons, crème de lentilles au chorizo…

et pour la dame au chapeau vert « ballottine de saumon, chèvre et pamplemousse », « brochettes poulet mariné aux épices » et « cassolette pomme de terre, reblochon, lardons et roquette ». Elle qui d’habitude pouffe quand on lui glisse des tapas sous la moustache est un peu ébahie de l’à-propos culinaire, notamment avec la ballottine de saumon qu’elle juge fort originale et plus que savoureuse! 15/20. Moins de choix au rayon des plats, mais vous auriez pu trouver « aiguillette de bœuf et fenouil braisé, gratin de pommes de terre, mousseline de betteraves, crème de lard fumé » ou « dos de cabillaud en crumble de noisettes, boulgour à la provençale, petits pois mentholés et crème d’asperge ». Moi, « cassolette de rognons de veau aux petits légumes, pomme de terre écrasée ». Et je ne m’en plains pas! Il n’est pas précisé dans l’intitulé qu’il s’agit d’une cassolette lutée en pâte feuilletée. J’adore ça! Sauf que les rognons sont trop cuits à mon gout, mais j’ai tout saucé! 14,5/20. Dessert hors du rayon banalité: « crêpe aux pommes et romarin, caramel au beurre salé ». Romarin puissant, bien vu. 15/20. Accueil et service de la douce Gaëlle Lebrun, parfaite hôtesse dans sa petite maison. La vingtaine de ronds de serviette en salle, discrète terrasse, derrière. Restaurant sur la Reppe, il suffit de passer le pont!

 

TERRASSE OMBRAGEE – PARKING