LES ARCHIVES DU BAO

Cette critique n'est (peut-être!) plus d’actualité!

La Voile Verte

Un endroit connu des initiés, les autres devront être curieux sous peine de louper l’entrée.

Faut dire que la signalisation est aussi flagrante que les conditions générales des assureurs. C’est vous dire s’il faut des bons yeux. Bref! De la route, on se faufile entre hangars et bateaux « à sec » pour tomber sur un terre-plein. Au bout à fleur d’eau, une cabane avec une grande terrasse couverte. Plein de serveuses, plein de monde. Un côté alerte à Malibu sauf qu’ici le Pacifique, c’est la Saône. La clientèle est drôle. Cheveux violets endimanchés, bourgeoises d’opérette en Desigual qui posent comme au festival de Cannes, copains-coquins qui négocient dans un coin, belle-mère qui saoule sa tablée, familles qui attendent impatiemment le moment du café… Question tarif, on nous prend un peu pour des américains malgré les verres arkoroc et les serviettes en papier. Cela dit vu que c’est bondé, la direction aurait bien tort de jouer les assistantes sociales. Entrées de 13,50€ à 17,80€. Plats de 16,50€ à 29,50€. Desserts de 6€ à 7,5€. Alors vous me direz « ça dépend ce qu’il y a dedans ». Mes « grenouilles à la persillade » à 18€. Quatre grenouilles, ce qui fait 4,5€ la grenouille, fut-elle maousse. Soit 2,25€ la cuisse. Beaucoup d’ail, j’ai dû racler. Servi à part pour ménager l’esthétique, le gratin dauphinois fait le boulot. 13/20 pour 18€, ce qui est très exagéré.

Mauricette s’en tire mieux avec son « carpaccio de bœuf » qui, s’il reste d’une grande banalité (congelé) est fort bien présenté avec ses bricoles légumières, oignons rouges, copeaux de Parmesan, un peu de salade verte. Frites congelées aussi, déprimantes. 14/20 quand même pour 13,50€, ce qui est convenable. On n’ira pas plus loin dans la découverte, faut pas nous en vouloir de nous détourner des desserts. Un café, salut la compagnie, on nous attend. Cela dit, l’endroit est propice à esprit festif, parfaite pour les soirées estivales, cocktails et Champ’!

Et puis j’apprends sur Facebouc que de temps à autre s’y produit un vrai musicien-chanteur: José Cusimano, avec qui Mauricette avait poussé la chansonnette façon Michel Jonasz lors de l’anniversaire de Manon. Bref! Artiste connu, mais si peu au regard de ses aptitudes, que voulez-vous. C’est un peu comme pour les « grands chefs » médiatisés: une histoire de réseaux et d’amis bien placés qui hissent l’ordinaire sur le devant de la scène et les projecteurs. A tel point que dans la médiocrité de son insignifiance artistique, lui-même finit par se trouver brillant. Mais je m’égare. Table gentillette mais qui coûte un peu pépète.