La Folie

1.5

Anciens partis, nouveaux arrivés. La grande danse du mercato pré-estival du littoral: repris depuis juin 2017.

Restaurant visuellement mal organisé: petite salle coupée en deux avec un couloir au milieu, une sensation de pas rangé. Musique trop forte qui donne envie de faire demi-tour et d’écouter Yves Duteil, c’est vous dire le traumatisme. Quand il a vu mes yeux rouges exorbités qui le regardaient fixement, le serveur est allé baisser le son. J’exprime alors mon intention de déjeuner à l’intérieur et non en terrasse. Du coup, la musique passe du rap au cubain. J’ai la tronche d’un fumeur de cigare, pas celle à porter la casquette de travers sur la tonsure. Bref! Pas de menu, pas de formule, même le midi. Bon. Ardoise: quelques entrées, 6 plats et 3 ou 4 desserts. Si vous saviez comme les propositions sont peu excitantes. Elles dépriment comme quand on vous repasse pour la 150 ème fois à la télé « la vérité si j’mens » ou « la grande vadrouille ». Ou qu’on écoute Yves Duteil.

Cette absence de curiosité de nombreux cuisiniers est quand même bizarre. Bien sûr qu’il faut vendre des plats qui se vendent, mais quand même: tartare, burger, tomate farcie à la feta, moules-frites… alors je me suis laissé séduire par « antipasti pour 2 personnes ». Oui, je sais: je suis tout seul. Le serveur me dit « ouai mais c’est pas copieux ». Bonne nouvelle. Les petits plats sont dans les grands: « 2 tempura crevettes, 2 tempuras courgette, 2 tempura aubergines-anchois ». Pas de quoi se gondoler les amygdales. Quelle idée d’aller coller des anchois avec des aubergines? Gras comme des beignets, mal maitrisé. Une crème fromagée avec du concombre, avec. C’est le meilleur avec l’excellent pain du boulanger. 11/20 pour 8€. Ce qui est donc plus cher que des sushis. Le plat le plus cher et le plus attirant est «  »dorade marinée ». Ah bon? C’est-à-dire? « Marinée dans le vin rouge avec des agrumes » qu’on me dit. Une belle dorade (peut-être même sauvage).

Faut que je vous dise que le poisson, je l’aime « rosé à l’arête » comme on dit. Là, il est saignant de la côtelette. En plus, je m’emberlificote les pinceaux avec la peau grasse et les arêtes, coincés d’un côté avec de la salade et de l’autre, une montagne de frites. Car le seul féculent possible est la frite. Pas de pommes de terre vapeur, pas de riz non: des frites. Poisson ou frites, le manque de sel est intégral. Cuisson des frites fraiches d’un seul bain dans l’huile tiède, molles et recouvertes d’herbes de Provence passqu’on est en Provence, vous comprenez. Nul. 11/20 pour la qualité du poisson. M’enfin: 22€ quand même. Bravo! On me dit à l’oreillette que 92% des lecteurs ont calculé que j’en ai déjà pour 30€! Sans le café à 2€! Que je n’ai pas pris! Bon point: qualité de produit satisfaisante, mais cuisine approximative et non maitrisée. L’un ne sert à rien sans l’autre. Bref! A revoir, si un miracle se produisait.