La Cuisine Du Dôme

2.5

Ouaaah… Quand j’ai vu passer des photos de plats sur le fameux miroir aux alouettes Internet, j’ai pensé « bravo! Enfin de l’ambition dans ce satané quartier du 13ème ».

Je me suis donc pointé la fleur au fusil et le désir à marée haute un midi de semaine après ma dose de kilomètres nécessaires à ma fonction. En effet, pour parler des restaurants, mieux vaut aller manger sur place pour se faire une opinion, y prendre des informations plutôt que de recopier un dossier de presse. Bref! Rien n’est affiché en devanture, ni tarifs ni infos. Comme ça, ça fera la surprise. J’aime bien les surprises. Dedans, la télé à fond la gamelle, du rap. Le barman-serveur me file un carton plastifié. D’évidence, les plats des photos Internet sont servis uniquement le soir.

Car le midi, place aux intitulés d’une grande banalité: des salades, des burgers, des tartares, des pâââtes et 4 plats à 13€ ou 14€: pavé de saumon, bavette à l’échalote, escalope de veau et filet de poulet sauce gruyère. Je demande si je peux prendre un des plats proposés le soir, des fois que. Ça sera non. Je comprends. Enfin j’admets mais ne comprends pas. Je ferais avec la carte du midi, et pis c’est tout. Alors « escalope de veau parmeggiana » siouplait! Le serveur revient. Désolé m’sieur: yapu. Voilà qui commence à me courir sur le haricot. Dépité et un poil irrité, je tente sans illusion le « filet de poulet sauce gruyère ». Un joli blanc poêlé avec une crème du genre « Vache qui rit » plaisante dans laquelle je trempouille des frites fraiches un peu trop grasses. Légumes? Oui: ressemble de loin à un tian mais en bouche, à une sorte de ratatouille qui force sur les épices orientales. 14/20 pour l’ensemble à 13€.

Indéniablement, un cuisinier est à l’œuvre. Pas de dessert, pas envie. Le café Henri Blanc est si mauvais qu’il donne envie de décerner la légion d’honneur à Georges Clooney. Un nouveau restaurant dans un endroit pas facile. On sait qu’il faut redoubler d’efforts dans ce cas. Et ce n’est pas en faisant des remises considérables avec Groupon qu’on se créé une clientèle, mais plus sûrement des déficits. Ambiance plus sympathique sur la fin, quand le cuisinier (et peut-être patron) amène son professionnalisme en salle avec un entrain qui laisse espérer un recentrage. L’espoir fait vivre, parait-il. Pourquoi m’en priverais-je?