D'une Rive à L'autre

3.5

D'UNE RIVE A L'AUTRE restaurant à CASSIS - Le Bouche à OreilleAh la perle rare que voilà! Une des multiples ruelles du village, à deux pas du port et de ses pièges à touristes, un petit royaume pour une grande cuisine libanaise. Deux portes d’entrées (d’une porte à l’autre), une chaleureuse salle très cosy avec nappages blancs et détermination soignée dans chaque recoin. Rien ne destinait vraiment à la restauration le tout juste trentenaire Mathieu Raphaël. Le désir de faire ce métier lui tombe sur le pif voilà une dizaine d’années, après notamment des études de design. En bon méditerranéen qu’il est, il aime « avoir du monde à la maison ». Alors voilà, ça donne une remarquable cuisine libanaise, par ailleurs rare dans les rayons de votre guide préféré: délit réparé! Avec une Mauricette en appétit ornée de son chapeau vert à fleurs, voyage au « pays de la terre du lait et du miel ». Forcément, on choisit un mezzé pour faire le tour du proprio. Une douzaine d’entrées froides ou chaudes à partager. Laben khyar (fraicheur au yaourt, concombre et menthe), taboulé (persil, menthe, boulgour), hommos (purée de pois chiche), moutabal (purée d’aubergine grillée et crème de sésame), et la moussaka (aubergine, tomate, oignon) dans une version froide différente de la célèbre grecque, plus comme une caponata sicilienne. Ces 5 préparations sont remarquables, d’une grande finesse. Equilibre parfait des assaisonnements, ponctuation d’épices et de fruits comme grenade et pignons. 15,5/20 pour les 5 perles.

D'UNE RIVE A L'AUTRE restaurant à CASSIS - Le Bouche à OreilleLe chaud: sambousek (rissole à la viande, oignons), arayes (pain farci tomate, persil, poivron), kibbé (viande pilée, boulgour, pignons, épices), berrek et les fameux falafel (rissole de pois févette et pois chiche épicé). Ensemble à l’abri de tout reproche, mais évitez de vous ruer sur le pain sinon vous n’en sortirez pas indemne! 15/20. Feuilles de vigne maison, elles vous changeront des habituelles conserves âcres et dures. 15/20. Fonds d’artichaut et mac douce (mini-aubergines farcies aux noix et tomates séchées) complètent le tableau à 14,5/20. Il faut s’appeler Mauricette pour souhaiter un dessert après un tel festin. D’une grande fraicheur, nerveux et dans le croustillant fin, le monumental baklawa fait ici, pâte feuilletée fine comme du papier de soie (phyllo), noix, sirop comme du miel. Même idée, mais pâte cheveux d’ange (kadaïf). Deux 15,5/20 et un 14,5/20 pour la crème de lait à la fleur d’oranger (el achta?). Surprenante et dodue cave bien française, quelques flacons qui parle du Liban, forcément. Au cas où, la délicate maison propose de fins plats méditerranéens en cas de réticence aux recettes libanaise. Un air de vacances renforcé par la gentillesse absolue d’Anaïs, parfaite en salle. Depuis 2010 (hé oui!) un joyau de la gastronomie cassidaine, rarement aussi sérieuse, il faut le dire.

D'UNE RIVE A L'AUTRE restaurant à CASSIS - Le Bouche à Oreille

OUVERT À L'ANNÉE – TERRASSES AU CALME – ACCUEIL GROUPES – RÉSERVATION TRÈS CONSEILLÉE