Brasserie Adam

2.5

Avant, ça s’appelait « Le Cercle ».

Un emplacement idéal pour être vu de tout le monde et du monde, il en débaroule en permanence sur cette place! Jamais l’expression avoir « pignon sur rue » n’a été autant justifiée! La seule difficulté de l’aubaine de l’emplacement c’est que de nature curieuse, le client entre. Et là, faut pas le louper. Comme dit l’autre « on n’a jamais deux fois l’occasion de faire un première bonne impression ». Il y a un serveur mou du départ, comme s’il ne m’avait pas vu. Vu mon profil cubique, pour ne pas me voir faut le faire. Et puis d’un seul coup d’un seul, il se précipite sur mon cas comme si j’étais le Dalaï-lama, poussant chaises et tables pour me caler dans le recoin que je souhaite. Bref!

L’idée est plutôt celle d’une brasserie qui se cherche avec une carte provençale (brandade, soupe d’artichaut…), italienne (risottos, frito misto…) et spécialités de Turquie et de l’Ukraine! Skordalia pomme de terre et poisson, banoch crème fraiche et lard, borchtch au bœuf ail confit et vodka et mon « papoutsakia ». L’énoncé allèche: aubergine, bœuf, agneau, jeunes pousses d’épinard, boulgour et quinoa. Une spécialité turque. Présentation sous la forme d’une aubergine avec farce (trop)lisible avec de trop gros morceaux de viande, parfois mous et souvent durs voire nerveux, persil… Les garnitures jeunes pousses d’épinard, boulgour et quinoa sont remplacés par des lamelles de cœur d’artichaut, des champignons de Paris et des rondelles de patate. C’est presque pareil que dans l’intitulé, hein. Et pis on est entre-nous. J’ai mangé tous les légumes, mais pas la farce. 16€ pour 12/20.

Le dessert est une vraie belle surprise, non pas par sa sophistication, mais par sa belle fraicheur et sa jolie précision. Remarquable « minestrone de fruits frais » à la taille millimétrée (vrai minestrone), jus simple et petite pâtisserie maison, deux biscuits du jour. Très bien, bravo! 14,5/20 pour 5,5€! Au moment de payer, la patronne arrive en s’excusant avec plein de ronds de jambe « désolé, pas de ticket de caisse, pas de machine à CB » et patati et patata. Elle me promet que c’est accidentel et exceptionnel, allez savoir. Mais passons. Un bon cuisinier plein de volonté, la carte « brasserie » s’éparpille un peu trop pour rester simple mais attention: l’idée des cuisines turque et ukrainienne est parfaite pour le curieux de nature. Pas sûr néanmoins que la clientèle hyéroise soit ouverte au genre tant elle aime à être rassurée dans ce qu’elle connait déjà.