Au Taboule Gourmand

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Une surprise dans la vieille ville et ses rues étroites généralement désertées par le chaland affamé.

Alors qu’y fais-je? Si je ne vais pas y trainer mes mocassins à glands, quel guide le fera? Mais passons. En fait, l’ambition de cuisine d’ici est amusante: « afro-libanaise ». Et la devanture parait récente: deux jolies raisons d’y tremper le bec. Dedans c’est très propre. C’est généralement un réflexe dans un lieu inconnu de vérifier à 360° la netteté des lieux. Une douzaine de personnes installées, une jeunesse sans portable (rare), joueuse mais respectueuse des autres attablés. La cuisinière serait d’origine nigériane, ce qui expliquerait le côté culinaire « afro ». Mais libanais? Allez savoir.

La jeune fille au service connait les codes de la profession. Près d’une trentaine d’entrées libanaises froides ou chaudes, que tous les amateurs de la chose connaissent. Si je prends l’assiette de mezzés, je ne pourrais plus essayer la cuisine africaine. Et inversement. J’opte alors finement et finalement pour l’entrée « moussaka » aussi libanaise que je suis né à Beyrouth. Pas de viande, pas de béchamel mais une version arabe similaire à la caponata italienne. Une salade froide d’huile et d’épices avec aubergine, courgette, pois chiche, poivron… curieux et décalé de l’idée grecque que je m’en faisais mais bon. 14/20 pour 6,5€. Célèbre plat africain que le « poulet yassa »! Cuisses de poulet marinées au citron et oignons, riz » qu’il est dit dans l’intitulé. Pas de cuisse, mais un bout d’omoplate musclé. Je me suis régalé même si la bestiole est de bien piètre qualité. L’intérêt réside pour l’essentiel dans l’adroite préparation. Piment à part pour les hommes, les vrais comme Terminator, Dark Vador et Alex! 14/20 et beaucoup de riz pour 11,50€.

Le café demandé serré est livré dégueulant de la tasse. Pas bon et facturé 2,5€ ce qui est considérable. J’ai beau chercher la vue mer et les mignardises, rien à l’horizon. Hormis ce curieux croche-pied, un délicieux petit moment avec une patronne-cuisinière qui sort en salle pour saluer la clientèle hétéroclite. Tarifs à la mesure du quartier. Sauf le café qui se croit à Saint-Trop’ alors qu’il est servi au 5 rue Notre Dame à un jet d’olive de la Place d’Armes.