Ti Bistro Chez Doudou

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Remplace « le Renouveau » depuis avril 2019.

Il serait trop long de vous expliquer la raison pour laquelle je me retrouve ici*. Mais j’y ai cru. Un bar avec au fond, des tables pour manger, allez-y môssieur, je vous mets un verre et les couverts. Là, juste devant le ventilateur, une sorte d’avion à réaction qui fait son mètre de diamètre et qui pivote pour que tout le monde en profite. Les malins habitués se calent au fond, vers les cuisines. Pas fous. Ils connaissent. C’est pas compliqué: j’aurai eu des cheveux, j’en n’avais plus tellement sur le caillou. Bref! Une ardoise avec six plats du jour. Quand on aime, on ne compte pas. La tendance semble se tourner vers la cuisine des iles, du genre créole. Salade au poulet fumé, brochette de filet de poulet à l’antillaise, assortiment de grillades à l’antillaise, salade niçoise antillaise et salade de chèvre chaud antillais. Je blague pour les deux dernières: il n’est pas précisé antillais. Bref!

J’ai visé le « rougail saucisse ». Ben ouai. Ça me rappellera mes vacances au Maroc. Saucisse fumée en rondelles trop grasses qui baignent dans une sauce orange trop grasse aussi. Suffisamment relevée pour ne pas ajouter de piment à mon gout. Un riz blanc simple proprement cerclé pas salé, trop peu de haricots en sauce planqués dans un coin. Et des frites congelées pas bonnes et pas salées non plus. Trois féculents dans une même assiette: record du monde battu! Trois feuilles de salade verte avec deux demi-rondelles de tomate et une lamelle de concombre. Je vais sur le 11/20 dans un élan de bonté qui n’est pourtant pas ma caractéristique principale. Et 12,50€. Dessert pour voir. Les tarifs ne sont pas affichés sur l’ardoise: 3 ou 4 tartes (quand on aime, on ne compte toujours pas), tiramisu, mousse au chocolat, fondant au chocolat… une dizaine de sucreries de sous-traitance avouées par la direction. Je suis parti sur la « tarte aux pommes ».

J’ai entendu chanter le micro-onde, diiing!.. au loin, la patronne dégaine la bombe de chantilly et la brick de crème anglaise. Boule de glace en prime. Et en coup de grâce final, un zébrage costaud de giclette topping chocolat. La pauvre tarte de sous-traitance déjà peu aidée de naissance parait bien tarte dans sa flaque qui lui monte jusqu’aux narines. Quelle misère… 6,90€ pour un 7/20. Avec mon « Perrier rondelle » à 2,60€ doté d’un bout de citron vert fossilisé depuis le temps qu’il traine dans le tiroir, la blague vaut 22€. Soit le prix d’un repas au restaurant. Dans un estanco assimilé bar avec une cuisine approximative et des desserts hors de prix vu le niveau de la sous-traitance, ça fait comme un décalage entre tarif et lieu d’autant que la patronne en fait des tonnes point de vue cordialité folklorique.


*: https://www.le-bouche-a-oreille.com/os/une-journee-particuliere-2/