The Roof Kitchen

1.5

Au deuxième étage d’un bâtiment commercial animé, ce qui confère au spacieux établissement un panorama rare et dégagé.

De la grande terrasse, on voit la statue de la Liberté! D’un point de vue métaphorique, je veux dire: cuisine américaine! La direction a bien pigé l’opportunité de s’inspirer des codes de la restauration franchisée avec toutefois moins d’automatismes, plus d’humanité, un peu. Des serveurs-euses souriants, un décor étudié avec chaises et mange-debout, des éclairages chaleureux, une musique un peu forte, un bar animé, un stress étudié. Des équipées d’employés des bureaux alentours viennent le midi se surcharger en calories et en odeurs de friture, après on ira à la salle de sport, enfin peut-être, et puis c’est pas tous les jours que je m’empiffre de hamburgers (6 de 15€ à 18,5€), de fish and chips, de côte de bœuf, de hot-dog (dès 12€), de macaroni & cheese au bacon à 12€, de bagel à 16€ et 17€, de salade Caésar à 18€ (grand modèle)… On a fait le tour ou presque.

Cette avalanche de gras et de sucres qui défile sous mon nez me donne des haut-le-cœur, alors même que la compagnie de mes contemporains qui s’empiffrent avec les mains me dérange généralement peu, je ne rechigne d’ailleurs pas moi-même à manger du hamburger dans des moments de déprime, comme quand je lis une propagande veganiste dans un journal de cuisine. Bref! Cuisine américaine voire tex-mex puisque le plat du jour de la formule à 15,90€ est « tacos au bœuf et ses nachos ». Evacuons les nachos, sorte de chips en triangle sec et infiniment trop salés adoucis par le guacamole plutôt adroit. Quant au taco, il est dans une curieuse version rigide, refermé en U, immangeable à la main à cause de la sauce et de son contenu instable. Et avec des couverts non plus. Comment faire? On se débrouille, ça casse, ça tombe. Salade, tomate, poivron rouge (trop), oignons rouges dans une sauce blanche.

Et un tendre morceau de bavette entier, pas lamellisé. Lui, pas le choix, c’est couteau Roméo. Pas de place dans l’assiette encombrée, c’est olé-olé. Bref! Plat mal pensé par la direction, dommage: beaucoup d’ingrédients sont frais, comme la viande. 10/20. La formule prévoit une « mousse au chocolat » qui s’avère trop grasse et trop sucrée (11/20) et un café. La serveuse amène les deux en même temps. Dans le genre bouffe et déguerpit mon coco pour laisser à place aux autres, on ne peut être plus éloquent! Un restaurant où on n’apprend rien, c’est normal, on y mange des plats qu’on attend sans surprise. C’est même la raison de son succès. On sort d’ici déprimé, comme quand un film au cinéma est terriblement moyen. Pour pro-américain primaire qui souhaite cultiver ses triglycérides avec ardeur.