Terre O’Verre

2.5

Le caviste voisin qui tenait boutique a abandonné le combat de la restauration.

Depuis le début de l’année 2019, un duo de jeunot a repris le flambeau et on n’y boit pas que de l’eau puisque l’ambition de bistrot continue son boulot de proposition de goulots. Toujours le coude à coude et un comptoir central envahissant, cuisinier derrière sa verrière. Menu complet le midi avec possibilité de formule, alternative à chaque étage. Ce midi pour entrée, feuilleté de cabillaud ou « terrine de sanglier maison ». Epatante terrine, rien à ajouter, ni sel, ni poivre, elle n’appelle même pas la moutarde, quatre cornichons, j’aime les cuisiniers non radins en cornichons. Un peu de salade. Le tout sur une planche. 14,5/20 et bravo encore.

Je devais bénéficier de « l’agneau de 7 heures » et j’en bavais d’avance: son odeur embaume finement la salle. Problème de communication entre salle et cuisine: yapu. L’unique possibilité restante reste « risotto de crevettes au rhum ». L’assiette creuse fait un effort de dressage. Cinq belles crevettes queues en l’air dodues comme de belles gambas! Cuisson au cordeau! Parfumées au rhum, probablement décongelées dans le fameux alcool: bonne idée. Moins bonne: celle du risotto. Un riz rond de paella, pas un riz à risotto. Sous la dent, immangeable. Dur, alors qu’il devrait être souple du dehors et croquant dedans. Pas de parmesan sinon deux tuiles. Pas de sel non plus. Il s’agit du seul loupé du menu. Un généreux 11/20 grâce au crustacé.

Le verre de vin rouge est tout en rondeur et s’appelle « mon fut c’est du poulet », un excellent Costières de Nîmes (un de plus!) bio avec 2/3 de Syrah. Ce qui autorisera le patron-serveur lancé dans son argumentaire a audacieusement le comparer à un Bourgogne… Soucieux d’être dans l’air du temps, il vante sa proposition de vin nature. Bref! Cela dit et si cette honorable table vous tente, pour descriptif complémentaire point de vue ambiance visuelle, ya des jambons pendus au plafond.