Restaurant Saint-Endréol Golf & Spa Resort

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Classieux, pas clinquant.

La carte arrive avec brio à jongler avec les besoins divers d’une clientèle hétéroclite, entre abonnés du putt en repos du guerrier sportif, copines qui ne veulent être dérangées, négociateurs très sérieux qui assurent le coup avec leur client… tartare, salades, omelette et tagliatelles. Bof. Et un épatant menu de la semaine à 29€, 25€ la formule. Avec alternatives! Entrée choisie « surprise d’œuf mollet en sauce poulette », fondue d’endives, pointes d’asperges et girolles à l’échalote et parmesan ». Fameux, bien présenté, bien travaillé. Ce qu’on aime de la cuisine: produits du frigo de la ménagère valorisés au maxi. Manque juste l’exigence des températures de chaque détail. 15,5/20.

L’esthétique de « poisson d’avril de rouget en mousseline truffée, risotto de lentilles et tempura d’oignons rouges » bénéficie d’une assiette noire. Le chef joue avec les couleurs! Tout est maîtrisé, sauf la lentille un poil estouffadou. Le ventre du filet de rouget est crépi de la fameuse mousseline. Elle se planque mais je l’ai vue! Elle m’a régalu! 15/20. Un vrai cuisinier aux affaires, un golf avec une cuisine de belle qualité qui donne envie d’aller plus loin. L’accueil et la salle sont assurés dans les codes un peu lourds du genre hôtel 4 étoiles voire de restaurant gastronomique, mais bonne ambiance d’équipe et complémentarité. Voici donc un des rares restaurants de golf équipé d’une cuisine digne de ce nom dans nos saintes pages!

L’autre du moment étant celui du Golf de Servanes à Mouriès dans les Alpilles (13). Curieusement, le Guide Rouge si prompt à se vanter de découvrir des chefs remarquables oublie intégralement celui du « restaurant Saint-Andréol » dans son palmarès local. Un mystère supplémentaire dans les facéties du Michelin. Pourquoi? Un problème avec le golf? Un problème avec les propriétaires japonais du golf? Un problème avec les chefs discrets qui ne passent pas leur temps à la télé et à faire la danse du ventre avec les guides?