Olea

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OLEA restaurant Ollioules – On ne sait trop si l’endroit est du domaine public ou privé, cerné qu’on est par les récents bâtiments de « Naval Groupe », ex-DCNS. Dans l’idée bétonnée d’esplanade en toutefois moins ambitieux, le lieu fait penser au quartier parisien de La Défense… ce qui tombe bien vues les attributions de l’entreprise.

C’est ainsi que le quidam baguenaude à loisir dans les travées bétonnées mais attention, seul l’habilité enrubanné de son badge pendentif sera autorisé à pénétrer dans les bâtiments et encore, peut-être pas tous. C’est rigolo car la dizaine de clients qui déjeune ici possède ce ruban bleu où pend la carte magnétique comme un sésame. Du coup je me sens un peu intrus, comme Numéro 6 dans « le Prisonnier », la série télé des années 60. Enfin bon. Mes soucis mentaux ne regardent que moi et mon psychiatre. « Olea », donc. Alors c’est tout mignon dedans, posé ici comme un restaurant sur une plage. La patronne cuisinière vous passe devant sans vous regarder ni dire bonjour, regard vide. Ah. Sûrement à cause de l’absence d’accréditation pendue à mon cou. Ach, ma paranoïa me reprend. Sa serveuse est infiniment plus avenante.

Le mistral ayant envoyé bouler l’ardoise devant l’entrée, je n’ai pas lu le plat du jour. Elle me l’annonce: « rougail saucisse aux 3 riz ». A la carte, des prix de restaurant élevés vu l’endroit avec 3 salades de 14,5 à 17€, du poisson (tartare de saumon 17€ et daube de seiche 19,5€), 6 viandes de 16€ (ballottine de volaille) à 20€ (magret) et deux burgers à 16,5€ et 17€! Les tarifs ne rigolent pas pour le midi! Ah! Les mines déçues de la table de 6 plus loin: les frites sont de simples rondelles de patates! Sûrement par souci d’originalité! Enfin bon. Du coup retour à la case (créole) départ avec le plat du jour. Une assiette creuse dodue, une plâtrée de riz en fond de jeu, cuit comme un risotto réussi, ce qui est curieux pour un plat comme le rougail. D’autant que la serveuse m’avait annoncé « 3 riz ». Enfin bon. Dessus une bonne sauce tomate pimentée qui ne ressemble en rien à une préparation de rougail, dans laquelle nagent des rondelles de saucisse, tièdes ou froides. Le four micro-onde a des ratés. A un m’ment dooonné, j’ai cru voir un bout de carotte dans la sauce. J’étais content. Sauf qu’il s’agit de gingembre.

C’est fort, pas osé recracher car la serveuse m’observe. Je devais avoir les yeux rouges d’un lapin pris dans les phares d’une bagnole. 11/20. Et 11€. 12€ avec un café, une des formules proposées. L’autre est à 16 € avec un café gourmand ou dans le genre, 3 verrines peu excitantes, le café gourmand du fainéant, pratique la verrine. Notons que « Olea » est situé face à la cantine Sodexho qui accueille une quantité considérable d’affamés pour le service du midi. J’ai calculé approximativement: il suffirait que l’Olea alpague seulement 1% des clients de son voisin pour largement remplir son établissement. On est loin du compte, compréhensible quand on constate les tarifs bien trop élevés pour le niveau de cuisine proposé.